histoire de Chine. grandes lignes
HISTOIRE DE CHINE LES GRANDES LIGNES PRMIERE PARTIE
L’histoire de Chine commence bien sûr avec l’apparition de l’écriture, soit environ au quinzième siècle avant notre ère. Nous n’évoquerons pas la préhistoire. L’histoire est divisée en périodes dont beaucoup correspondent à des dynasties. C’est l’absence de religion révélée qui, privant les chinois de la référence à la date de naissance d’un prophète, les a obligés à concevoir non seulement un système calendérique particulier et original (les troncs célestes et les rameaux terrestres et leur combinaison en un cycle séxagésimal, le cycle " jiazi ") mais aussi à la référence à des règnes historiques pour dater les événements.
L’histoire de Chine est connue, c’est un fait original, grâce aux chinois eux-mêmes : depuis la dynastie Han, et son célèbre historien SIMA Qian, les chinois se sont toujours appliqués à rédiger leur histoire. Les documents historiques chinois sont pléthoriques (les 2/3 n’ont toujours pas été lus, faute de lecteurs en nombre suffisant ! ! !) mais cette histoire souffre de deux défauts : elle reflète seulement une classe sociale, celle des lettrés et autres élites, et elle est évidemment très partiale !
LA DYNASTIE XIA :
La dynastie Xia, qui se serait étendue du 23° au 18° siècle avant notre ère, est qualifiée de " semi légendaire " : ceci signifie que si d’un côté elle est évoquée dans les traités historiques chinois à partir de Sima Qian, d’un autre côté, aucune preuve archéologique n’est venue confirmer son existence. De nos jours, les sinologues doutant de son existence même sont de plus en plus nombreux. Nous ne l’évoquerons donc pas plus avant.
LA DYNASTIE SHANG (18) ou 16° siècle avant notre ère, jusqu’au 11° siècle avant notre ére)
La dynastie Shang, elle, est attestée et constitue donc le début véritable de l’histoire chinoise. Elle est une civilisation de l’âge du bronze et elle peut être considérée comme le sommet mondial de cet âge, tant les réalisations chinoises de cette époque ont atteint un niveau d’excellence et de raffinement exceptionnels.
Ses caractéristiques sont les suivantes :
- Métallurgie de qualité remarquable et développement des idées magiques, alchimistes et cosmologiques qui en découlent.
- Développement du concept de Tianming, le mandat du ciel : celui-ci, confié au souverain par le Shangdi (dieu suprême) a pour but d’assurer l’harmonie entre les trois dimensions essentielles du monde : la terre, l’homme, le ciel.
- Naissance de l’écriture chinoise : celle-ci est élaborée par la classe des devins. L’écriture servait à noter les problèmes soulevés lors des opérations de divination, les débats suscités, les conclusions, etc… Rappel : la divination chinoise consiste à pratiquer des brûlages sur des carapaces de tortues. C’est sur ces carapaces même que sont notés les commentaires, devenant ainsi le premier support de l’écriture chinoise, avant le bronze, puis le bambou et enfin le papier qui, rappelons le, est une invention chinoise. L’écriture chinoise est donc d’origine divinatoire et conserve encore aujourd’hui, partiellement mais réellement, cet aspect particulier de son origine.
LA DYNASTIE ZHOU (11°siècle avant notre jusqu’en 256 avant notre ère. En deux parties : les Zhou occidentaux (xihan), jusqu’en – 771, et les zhou orientaux (dongzhou): - 771 à – 256)
La plus longue période de l’histoire de Chine : 8 siècles environ !
Elle est caractérisée par :
- le début de l’extension territoriale. La Chine, alors petite et cantonnée dans le bassin moyen du fleuve jaune, se développe fortement vers le sud et l’est, et à la fin de la période occidentale, sa surface est multipliée par quatre.
- Ceci a une conséquence politique majeure : la mise en place d’un système féodal d’administration du territoire.
- Cette administration fait que très rapidement, le pouvoir échappe aux souverains Zhou : les " seigneurs " locaux (zhuhou) ne " répondent " plus et entament des guerres intestines. La Chine se trouve finalement divisée en grandes principautés rivales (Qin, Chu, Yue, Jin, Yan, etc…) jusqu’à un certain équilibre des forces. Le pouvoir central est cantonné dans ce qu’on appelle les " zhonguo " (états du centre) : c’est la première apparition de ce mot qui désigne aujourd’hui la Chine.
- Le désordre politique et social qui en découle entraîne l’effondrement des dogmes cosmologiques anciens comme le tianming et donc, l’apparition des premiers grands penseurs chinois : Confucius, puis Laozi (si tant est que ce dernier existât !), Zhuangzi, etc…. De même que les grands textes de divination, cosmologie, médecine, etc… La pensée confucéenne se développe autant que la pensée taoïste initiée par Zhuangzi et Laozi. A cette époque, le taoïsme n’était absolument pas une religion.
- Apparition de la pensée " légiste " : dogme brutal et totalitaire initié par HAN Feizi et SHANG Yang.
- Les réformes de Shang Yang : dans la principauté de Qin (à l’ouest) se développe une pensée politique pertinente visant à remplacer le système féodal : celle-ci développe notamment la notion de fonction publique et de gouvernement centralisé : les futurs mandarins apparaissent.
Après l’événement connu sous le nom de " partition de Jin " au milieu du 5° siècle avant JC., la Chine entre dans sa période des Royaumes Combattants : cette guerre totale aboutit à la victoire sans appel de la principauté de Qin qui réunifie la Chine. Son souverain prend le nom de Qin Shi Huangdi " le premier empereur de Chine " en –221 et fonde la dynastie Qin. C’est la fin de la période pré-impériale.
LA DYNASTIE QIN (-221, -206)
L’éphémère dynastie Qin, qui inaugure, en – 221, l’ère impériale de l’histoire de Chine, règne par la terreur et l’exploitation terrible du peuple chinois. Elle ne survivra que moins de trois ans au décès de son premier souverain !
Elle est caractérisée par :
- unification de la LANGUE et des caractères, ainsi que les poids et mesures.
- Poursuite de l’extension territoriale.
- édification de la première grande muraille.
- Persécution des lettrés confucéens et autodafé de –213.
LA DYNASTIE HAN (- 206, + 220, en deux parties : Han antérieurs (- 206, +9 ; Han postérieurs : +23 à 220. Entre les deux la courte période dite de " l’usurpation de Wang mang ")
La dynastie Han est vraiment la dynastie fondatrice de l’empire chinois. D’ailleurs, la langue chinoise s’appelle Hanyu (汉语) soit " la langue des han " !
- Les Han abandonnent le légisme et canonisent Confucius : la pensée confucéenne devient le dogme du pouvoir impérial chinois et ce jusque en 1912 !
- Les Han reprennent l’extension territoriale et notamment vers l’ouest, où ils arrivent à établir des suzerainetés jusque en Asie centrale. Ceci débouche sur des échanges commerciaux très importants avec le reste du monde. C’est d’ailleurs sous les han que la Chine entre en contact avec l’occident par le biais des marchands. Les romains font une grande consommation de soie et connaissent l’existence de la Chine, tout comme les chinois connaissent l’existence du tout nouvel empire romain. C’est à cette époque qu’apparaît la fameuse " route de la soie " qui relie les deux mondes occidental et chinois. La Chine de cette époque est prospère et rayonnante.
LE MOYEN-AGE CHINOIS (à partir de 220, jusque en 581)
La fin de la dynastie Han est caractérisée par des révoltes populaires nombreuses et notamment celle des " turbans jaunes ". Ces soubresauts violents et les luttes de pouvoir à la cour aboutissent à l’effondrement de la dynastie Han en 220. Il résulte de cet effondrement, la division de la Chine en trois zones rivales, les " Trois Royaumes ". Leur effondrement rapide entraînera une autre réalité : l’invasion du nord de la Chine par les " barbares du nord ". La Chine, 250 ans avant l’occident (476 : Odoacre détruit Rome), entre dans son moyen-âge.
Celui-ci est caractérisé par :
- L’effondrement des Han met une fin (provisoire) au ritualisme confucéen et entraîne l’apparition du taoïsme religieux, ainsi qu’à la naissance d’un taoïsme " poétique, libertaire et antisocial ". La peinture chinoise, la poésie et la pensée même se voient fécondés par cet essor inattendu et conjoncturel du taoïsme, " l’éternelle alternative " en Chine.
- Les fameux " barbares " ne le sont pas tous ! Notamment le peuple des Tuoba qui fonde en Chine du nord la dynastie des Wei du nord. Ceux-ci apportent " dans leurs valises " une religion étrangère, le bouddhisme, qui va connaître à cette période un essor prodigieux. Comme souvent dans les périodes troubles, la Chine se laisse féconder par l’étranger et connaît des bouleversements spectaculaires !