les différents types de caractères
LES DIFFERENTS TYPES DE CARACTERES
Il est coutume de désigner les caractères chinois sont le nom d’idéogrammes. On peut simplement l’admettre, mais ça n’est pas exact en vérité. L’écriture chinoise est bien une écriture de type idéographique ce qui signifie simplement qu’il n’y a pas de correspondance entre les graphies et les sons, mais, on va le voir, ce type d’écriture est plus complexe et plus riche qu’il en a l’air. En réalité " idéogramme " désigne un type particulier de signes écrits chinois, et on peut même rajouter que les idéogrammes n’en représentent qu’une minorité. Les signes chinois peuvent être qualifiés de sinogrammes (gramme = signe écrit (hologramme, pictogramme, anagramme, phonogramme, etc…), et sino (sinophile, sinologue, sinophone,etc…) = Chine) Et tout simplement, on parle de façon générale de caractères !
Ces caractères, donc, sont de plusieurs types. Selon le premier dictionnaire chinois, le Shuowen jiezi, établi par XU Shen et présenté en l’an 100 de notre ère, il existe six catégories différentes de caractères. Nous n’en évoquerons que quatre d’entre elles.
1- LES PICTOGRAMMES (xiangxing zi, en chinois: " caractère qui ressemble à la forme ")
" Le dessin reproduit l’objet, il faut en interroger les contours " écrit Paul Morel dans son livre " Les 214 clés de l’écriture chinoise " aux éditions Youfeng. Il s’agit des premiers caractères chinois. Il s’agit de la représentation stylisée d’un objet. C’est un caractère simple, non composé, c’est à dire indépendant : à la manière des nombres premiers, on peut dire qu’il n’est divisible que par lui-même. Il a tout de même quitté ce statut de dessin, pour accéder au statut de signe d’écriture, chargé de sens.
En voici des exemples :
日le soleil, 月la lune, 人 l’homme, 水 l’eau, 木 l’arbre, 目l’œil, 土 la terre, 子l’enfant, le fils,雨 la pluie, 田les champs cultivés, 竹le bambou, 口 la bouche, 手la main, 山 la montagne….
Les formes rondes originelles ont laissé la place à des formes carrées plus belles à dessiner avec le pinceau. C’est bien l’invention du pinceau par le général Meng Tian au 3° siècle avant notre ère qui a provoqué la disparition des formes arrondies.
Comme dit plus haut, les pictogrammes sont plus que des dessins. Par exemple, le caractère soleil日comporte un trait en son milieu. Les sinologues s’interrogent sur sa signification. Selon beaucoup d’entre eux il pourrait s’agir des taches solaires, dont les chinois connaissent l’existence depuis une époque très reculée…
De même, le caractère 母 (mu3) qui représente une poitrine féminine (c’est le dessin) signifie la mère (c’est le sens) : l’allaitement constituant le geste maternel par excellence.
2- LES INDICATEURS (zhishi, en chinois : " qui indique, montre quelque chose ")
" On le regarde, on le comprend, en l’examinant on comprend ce qu’il signifie." (Paul Morel)
Les indicateurs revêtent deux formes :
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- des chiffres : 一 un, 二 deux, 三 trois.
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- Il désigne une partie d’un objet particulier :
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Si l’on prend le caractère (pictogramme) 木 mu4 (arbre) on a deux indicateurs, l’un comportant un trait supplémentaire en bas, trait qu’il faut considérer comme une flèche désignant le bas de l’arbre, c’est à dire la racine 本 (ben3). Et un autre comportant le même trait mais placé en haut cette fois, indiquant le haut, le bout des arbres : branches ou rameaux 末(mo) .
On trouve également les caractères shang (dessus, au-dessus, monter, supérieur) et xia (dessous, en-dessous, descendre, inférieur) : 上 (pour le premier),下(pour le second). On voit pour le premier, une référence (le trait horizontal), quelque chose posé dessus (le trait vertical), et le petit trait est la " flèche " désignant ce dernier pour signifier " sur ". Même procédé pour le second, par en-dessous cette fois. Notez enfin, que l’association de shang et xia peut signifier " reflet " : par exemple, la lune est shang (dans le ciel) et xia (en dessous), son reflet sur l’eau. Ce sens devient évident avec l’ancienne disposition calligraphique chinoise : de haut en bas :
上
下
…. Où l’idée de reflet apparaît de façon graphique évidente.
3- LES IDEOGRAMMES : (biaoyi wenzi : " caractères d’écriture qui expriment le sens ")
" Associe des caractères et des sens " Paul Morel
Il s’agit de caractères composés, à la différence des pictogrammes. Ils sont composés de deux caractères au moins, qui constituent des éléments sémantiques qui donnent son sens au caractère ainsi constitué.
Exemples
Comme de nombreux autres caractères chinois, certains idéogrammes nous renseignent sur le passé de la Chine. Par exemple, le caractère you 有 est constitué d’une main et d’un morceau de viande. Il signifie " avoir, posséder ". A nombreuses reprises au cours des siècles, la disette a sévi en Chine, et dans ce peuple plus agriculteur qu’éleveur, c’était surtout la viande qui venait à manquer. On imagine quelqu’un qui se plaît à tenir en main un morceau de viande pour signifier : "Moi, j’en ai ! "
De même, le caractère xing est composé de : femme et engendrer. 姓 Il ne signifie pas pour autant " la femme donne la vie " On sait que depuis son origine il signifie (encore aujourd’hui !) : nom de famille. Les sinologues en ont déduit que les premières sociétés chinoises étaient matrimoniales, la femme était le chef de famille et c’est elle qui transmettait son nom à ses enfants.
Autres exemples : 泪 l’eau + un œil = une larme. 安 Le toit + une femme = une femme sous un toit, c’est une ambiance paisible : la paix. 驯 La rivière + le cheval : on peut mener le cheval au bord de la rivière pour qu’il s’y abreuve : on l’a donc apprivoisé : " apprivoiser ". 汽 l’eau + l’air : la vapeur d’eau. 雪 La pluie + la main : la pluie que l’on peut tenir dans la main : la neige. 友 Une main droite, une main gauche : deux mains qui se tiennent : l’amitié
1-LES IDEO-PHONOGRAMMES : xing sheng : " forme et son " :
(ou phonomorphème, ou complexe phonique)
Ce dernier type de caractère abordé aujourd’hui constitue à lui seul 80% des caractères chinois !
Ils sont aussi des caractères composés, mais toujours d’un élément sémantique et d’un élément phonétique qui donne une indication sur la prononciation. Le chinois étant une langue privée d’alphabet, il n’existe aucun moyen de connaître la prononciation d’un caractère. Ces indications que l’on trouve dans les idéo-phonogrammes relèvent plus de la rime et de l’assonance. exemples : 妈ma1 qui signifie " maman " est composé d’un élément phonétique " la femme " (la mère est bien une femme) et d’un élément phonétique " ma " le cheval : il n’y a aucun rapport sémantique entre cheval et maman, l’élément cheval ne sert ici qu’à donner la prononciation du caractère.
Autre exemple : 河he2, la rivière, composé de l’élément " eau " (la rivière est bien constituée d’eau) et d’un élément qui se prononce seul ke 可: ke et he riment, tout simplement.
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