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Samedi 29 novembre 2008 6 29 /11 /Nov /2008 15:05

LA DYNASTIE SONG (960-1279)

Dynastie brillante et humaniste (" RMI ", greniers impériaux garantissant la survie des paysans pauvres et prévenant l’inflation en cas de famine, notons au passage que sous les Song, la Chine passe à l’économie de marché…) C’est une dynastie dans la droite ligne des Tang (618-907) mais qui présente quelques symptômes d’un début de dégénérescence chinoise.

Sous les Song, on se prend de passion pour les collections d’antiquités. Un empereur de cette dynastie organise des fouilles archéologiques : la Chine regarde vers son passé, se prend à regretter " les temps anciens ".

C’est sous cette dynastie que naît un mouvement culturel de grande importance le " Lixue ",

" L’étude de la Raison ", ou néoconfucianisme. Après le " triomphe " du bouddhisme sous la dynastie Tang, les Song, c’est le retour de flamme ! Le clergé bouddhiste est renvoyé à la vie civile et les monastères et terres confisqués. On revient " aux vraies valeurs " chinoises, le confucianisme. Si les textes du lixue (néoconfucianisme) sont remarquables (c’est dans cette mouvance qu’a été inventé le taijitu, le fameux symbole " noir et blanc " du yin et du yang), ils correspondent bien à un retour en arrière, à une dérive passéiste, un rempli identitaire. La Chine semble se lasser des influences étrangères…. La Chine a peur….

Il faut dire à leur décharge que la menace était bien réelle : les peuples de la steppe, autrefois divisés et pour cette raison peu inquiétants, commencent à s’organiser, créent des institutions modernes et efficaces…

Pour preuve : au XI° siècle, le peuple des Khitans, venu de la steppe, envahit le nord de la Chine et fonde la dynastie des Liao.

Au XII° siècle, ce sont les Jürchen, venus de la (future) Mandchourie, qui envahissent à leur tour le nord de la Chine, chassant les Khitans.

Mais au XIII° siècle, ce sont les Mongols qui attaquent : après trois générations de combats (de Genghis Khan, à partir de 1206, jusqu’à son petit fils Kubilaï) la Chine est entièrement soumise au début des années 1280.

Kubilaï fonde la dynastie Yuan.

LA DYNASTIE YUAN (1271-1368)

La dynastie Mongole "

La dynastie Yuan correspond pour les chinois à une période d’occupation. Il est vrai que leur politique discriminatoire était féroce et ils se sont appliqués à piller la Chine pendant un siècle.

Cela dit, leur occupation a été très riche. Leur tolérance religieuse était immense et leur influence sur la littérature chinoise décisive : parlant le chinois mais ce qu’on appelle la " langue vulgaire " (le contraire du wenyan, la langue classique des lettrés) ils ont hissé cette langue vulgaire jusque dans les hautes sphères du pouvoir. Ceci aura pour conséquence de décomplexer celle-ci et permettre l’émergence de ce qui allait devenir la langue chinoise moderne.

A la fin de leur règne, leur tyrannie sur les chinois, la corruption qui les gagnèrent et des famines entraînèrent des révoltes paysannes nombreuses. La plus importante d’entre elles, fut celle des Turbans Rouges.

Un jeune ouvrier agricole misérables, ZHU Yuanzhang, s’y joignit. Bon meneur d’hommes et stratège efficace, il monta vite en grade jusqu’à celui de général. Ambitieux et rusé, il se débarrassa vite de ses rivaux et devint le chef du mouvement.

En 1368, il renvoya les mongols dans leurs steppes. Il est considéré comme le libérateur de la Chine. Il fonda alors une dynastie, celle de " la lumière " : les MING.

 

 

LA DYNASTIE MING (1368-1644)

La dynastie de la restauration nationale. "

 

La dynastie Ming sera abordée plus en détail au prochain semestre. Nous n’évoquerons ici que le fait que, malgré son aspect brillant tant sur le plan économique et culturel, elle fut particulièrement réactionnaire et mena une politique isolationniste. Les Ming institutionnalisent la dérive frileuse et passéiste des Song.

Les Ming bâtirent une nouvelle muraille, symptôme de cette politique d’enfermement qui mènera à la ruine du XIX° siècle…

A la fin de leur règne, les révoltes paysannes se multiplient. Celle menée par LI Zicheng est terrible. Pendant ce temps-là, les peuples au nord-est de la Chine se fédèrent et fondent la Mandchourie. Profitant du chaos qui règne en Chine et à al demande même de certains politiques Ming, ils envahissent la Chine. Ils n’ont pas attaqué Li Zicheng, et au contraire, ont protégé sa marche sur Pékin. Au cours du siège de la capitale, le dernier empereur Ming, Chongzhen, se suicide par pendaison. Li Zicheng, qui se voit empereur, est chassé par les mandchous qui s’emparent de la Chine et fondent la dynastie des QING.

 

LA DYNASTIE QING (1644-1911)

La dynastie mandchoue "

 

La dynastie Qing est la dernière de l’histoire impériale de la Chine.

Elle se divise nettement en deux parties :

La première est particulièrement brillante, à tous points de vue. L’économie chinoise est florissante, au XVIII° siècle, la Chine est le premier exportateur mondial de produits de luxe, son agriculture est la plus riche tant sur le plan quantitatif que qualitatif, etc… Cette prospérité économique est remarquable car à cette époque, l’économie est déjà mondiale !

Deux règnes furent exceptionnels : celui de Kangxi (1662-1723) soit 61 ans de règne, le plus long de toute l’histoire de Chine. Soucieux de se montrer un fin lettré, il se fit " plus chinois que les chinois " et montra une formidable application à devenir un fin lettré. Ceci encouragea les arts et la vie intellectuelle de façon remarquable. On lui doit notamment d’avoir fait rédiger un dictionnaire de référence, qui fait encore autorité aujourd’hui. Et cela montre aussi la capacité d’assimilation chinoise, qui absorbe tout ce qui la touche : ce sont bien les mandchous qui sont devenus chinois et non les chinois qui sont devenus mandchous !

Règne de Qianlong (1736-1796), soixante ans de règne. Il abdiqua même pour ne pas commettre l’affront de régner plus longtemps que son illustre grand-père. (il est décédé en 1799).

Cette période est celle du début des contacts réguliers et profitables entre la Chine et l’occident. Les jésuites se rendaient en grand nombre en Chine à cette époque, à la suite du premier d’entre eux, Matteo Ricci, mort en Chine en 1610. Cette époque est qualifiée de " sinophile ". Les jésuites ont été les premiers à traduire (en latin généralement) les classiques chinois, contribuant à les faire connaître à l’occident. Ceci eut une influence immense sur les philosophes des Lumières, découvrant d’une part une civilisation dont les institutions impériales sont basées sur le principe de la méfiance envers les nobles et leur mise à l’écart, et d’autre part un peuple raffiné, moral et humaniste qui pourtant ne croit pas en dieu : l’hégémonie de la religion chrétienne en est sérieusement et à terme, définitivement ébranlée.

La fin du règne de Qianlong correspond à la fin de cette Chine brillante et prospère. Les dernières années de son règne sont entachées par la corruption et les trafics d’influences néfastes des eunuques de la Cité Interdite. D’autre part, la crise économique s’installe : la monnaie chinoise, le taël, indexée sur l’argent, perd de sa valeur face eaux monnaies étrangères indexées sur l’or.

 

LA RUINE DE LA CHINE :

 

A la fin du XVIII° siècle pour l’Angleterre, au début du XIX° siècle pour le reste de l’Europe, c’est la révolution industrielle. Ceci signifie que les économies occidentales ont besoin de se développer et chercher ailleurs des débouchés.

L’Ambassade de Mac Cartney, fin XIII° siècle, est un échec : le lord anglais, reçu par l’empereur, refuse de se plier au protocole. Mais les chinois, encore accrochés à une vision confucéenne et taoïste du monde, refusent de se lancer dans la " chose barbare " (le " progrès " technologique) et refusent aux anglais, comme aux ambassades suivantes de toutes nations, les droits commerciaux et industriels sollicités.

Devant cet échec, l’occident réagit de bien curieuse façon : l’importation massive d’opium en Chine. La consommation, la vente et la chimie de l’opium sont interdits en Chine depuis longtemps, les chinois en connaissant depuis longtemps les effets sur la santé. Les anglais, installés en Inde (ainsi que les français dans leurs comptoirs tel Pondicherry, Yanaon, etc…) peuvent produire l’opium en très grande quantité. Le résultat ne se fait pas attendre : le commerce illégal d’opium en Chine, qui rapporte des fortunes à nos économies, contribue à accentuer la crise économique en Chine. En effet, tout l’argent dépensé par les chinois pour acquérir la drogue échappe au fisc chinois qui s’appauvrit d’autant.

En 1840, à Canton, un fonctionnaire Qing fait saisir et détruire la cargaison d’opium de deux navires anglais. La réaction anglaise est immédiate : l’agression militaire. C’est la première guerre de l’opium. Guerre éclair qui aboutit à la rédaction du Traité de Nankin, qualifié par les chinois (avec d’autres traités qui suivirent) de " Traités inégaux ".

Ceux-ci condamnent la Chine au versement d’indemnités de guerre, et surtout permettent aux occidentaux d’obtenir ce qu’on leur avait refusé : des droits commerciaux et territoriaux. La Chine est désormais " ouverte ", par la force. C’est le début des " concessions ", enclaves extra-territoriales, notamment dans les ports, à Shanghai notamment. C’est à cette période que le développement fulgurant de ce petit port de pêche commence pour en faire la capitale économique de la Chine.

La crise économique en Chine est accentuée en outre par le fait que les traités inégaux imposent à la Chine la valeur des taxes que le gouvernement Qing est en mesure d’appliquer aux produites étrangers. Ces taxes sont ridicules : 1,5 % maximum ! On ruine la Chine et on l’empêche de s’enrichir !

D’autre part, la crise est amplifiée par des révoltes populaires terribles, notamment celle des Taiping qui, de 1850 à 1864, à privé une bonne partie de la Chine du Yang-tsé du contrôle Qing. Guerres, répressions, chômage, perte des récoltes, dénatalité, famines, épidémies, crise économique désastreuse… voilà la Chine du XIX° siècle !

 

L’ARRIVEE DE TSEU-HI SUR LA SCENE CHINOISE :

 

En 1861, l’empereur Xianfeng décède. C’est Tongzhi qui lui succède mais aussitôt, l’impératrice douairière Tseu-hi (Cixi) prend les rênes du pouvoir.

Celle-ci est une personne insaisissable et ambiguë, qui va lancer des réformes intelligentes tant en faisant montre d’un conservatisme bêlant. Elle reste cependant dans l’histoire le dernier grand souverain de la Chine impériale.

Elle décide le principe de " xi yong, zhong ti " (" L’efficacité occidentale, l’esprit chinois ") : tout en gardant les valeurs " immuables " de la Chine traditionnelle, " on va combattre les européens avec leurs propres armes ".

Tseu-Hi fait créer un institut des langues étrangères, une armée moderne avec des armes modernes, des universités. C’est ce dernier point qui a produit l’effet contraire de celui espéré par le douairière.

En effet, dans un premier temps, les étudiants chinois ont été envoyés à l’étranger (Japon, Europe, Usa) : ils vont y découvrir la culture étrangère et se prendre de passion pour elle. Très symptomatique, leur passion pour les théories de Darwin qui annonce que " les espèces qui n’évoluent pas meurent ". les intellectuels chinois ont trouvé là une explication remarquable selon eux de la ruine chinoise.

Très vite, les intellectuels chinois à l’étranger se regroupent, débattent, et deviennent des réformateurs dans l’âme. ceci est accentué par le fait que on se souvient alors que le pouvoir Qing, responsable de la ruine chinoise selon ces intellectuels chinois, sont des mandchous ! La nationalisme anti-mandchou, déjà très présent dans la population, devient un ciment fort de ces réformateurs.

 

L’HISTOIRE S’ACCELERE :

 

Au printemps de 1898, l’empereur Guangxu lance un train de réformes imitant les réformes " meiji " du Japon, tentant de lancer la Chien sur la voie du progrès. Tseu-hi est écartée. Pendant trois mois, (les " 100 jours de Guangxu "), le pouvoir semble être rendu au souverain en titre. Mais les réformes sont des échecs, et Tseu-hi reprend le pouvoir, fait enfermer l’empereur au Palais d’Eté de Pékin, fait exécuter quelques réformateurs, - les autres s’enfuient au Japon, très accueillants de tous ceux qui sont susceptibles de saper le géant chinois -, et reprend le pouvoir.

1900 : La secte des Yihequan se révolte dans la province du Shandong. Tseu-hi fait mater celle-ci mais se montre plutôt " molle "… Elle a une idée derrière la tête !

Le mouvement, guère affaibli se révolte à nouveau et s’empare, dans la panique générale des occidentaux, de la ville de Tien-tsin ( à une centaine de kilomètres de la capitale). Tseu-hi, s’enfuit à Xian, et ce faisant, libère Pékin : les Yihequan foncent sur la capitale. C’est la révolte des Boxers.

Tseu-hi espère que les boxers chassent les étrangers. C’est les surestimer, et surtout sous-estimer la réaction occidentale ! La contre-attaque est immédiate et fatale. Les boxers sont écrasés, réprimés férocement. Tseu-hi a joué, elle a perdu, et rentre à Pékin.

Devant l’ampleur du désastre, elle promet alors, fait unique dans l’histoire de la Chine, l’établissement d’une monarchie parlementaire ! Des assemblées provinciales seront crées, puis une assemblée nationale ! La démocratie est bout du chemin !

Forcément, les réformateurs se sentent pousser des ailes. Parme eux, le plus charismatique et influent, le docteur SUN Yat-sen (Sun Zhongshan en chinois).

 

L’EFFONDREMENT DE L’EMPIRE :

 

Mais, en 1908, à deux jours d’intervalle, l’empereur ainsi que Tseu-hi (…hum…. Empoisonnement ?) décèdent !

C’est la mise sur le trône du fameux " empereur-enfant ", l’empereur Xuantong, plus connu sous son nom de Puyi, mis en place à l’âge de trois ans ! ! ! C’est son père, le prince Chun qui assure la régence et c’était là un très mauvais choix ! 

Ce dernier n’a aucune sympathie pour ces réformes et par touches successives, les rend illusoires et caduques. Privant les réformateurs de leurs espoirs démocratiques, ces derniers vont passer du statut de réformateurs à celui de révolutionnaires.

Le 9 mars 1911, à Hankou, banlieue de Wuhan, le local des futurs insurgés explose pour une raison inconnue. La police y découvre la liste des conjurés. Le lendemain matin, ces derniers, paniqués, lancent avec le concours de LI Yuanhong l’assaut de la ville. Les fonctionnaires Qing s’enfuient paniqués. La nouvelle se répand très vite en Chine, et au bout de quelques mois, le sud de la Chine a fait sécession. C’est la révolution " Xinhai ", la Révolution chinoise !

Cependant, celle-ci, insuffisamment préparée, est fragile et menacée. Le pouvoir rappelle à ses ordres un certain YUAN Shikai, arriviste amer alors en exil pour avoir participé aux " 100 jours de Guangxu ". Le prince Chun lui confie l’Armée du Nord, cette armée puissante et moderne crée par Tseu-hi, pour aller mater la révolte.

Yuan Shikai reprend Nankin aux insurgés, montrant ainsi qu’il est " l’homme fort ". Il poursuit sa route vers Wuhan que Sun Yat-sen avait ralliée. Yuan arrête sson armée à peu de distance de Wuhan et négocie avec Sun Yat-sen :

En échange d’une alliance, d’un " retournement de veste " contre le pouvoir Qing, Yuan Shikai demande la présidence de la future république. Sun Yat-sen, lucide, sait qu’il n’a pas le choix (Yuan Shikai peut détruire la révolution trop facilement) : l’accord est passé…

Yuan Shikai remonte sur Pékin et dépose le prince Chun, vaincu, lâché de toutes part, impuissant, piégé…

 

…. C’EN EST FINI DE 2133 ANS DE PERIODE IMPERIALE EN CHINE ! ! ! ! !

(L’acte d’abdication officiel fut signé le 12 février 1912)

 

Le premier janvier 1912, Sun Yat-sen proclame à la radio l’avènement de la République de Chine et en confie aussitôt la présidence à YUAN Shikai, comme convenu…

 

Nb : Cette République de Chine existe toujours : à Taïwan.

 

 

Par Lorraine -han F. Pauchot - Publié dans : fac Nancy2-L2
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Dimanche 18 mai 2008 7 18 /05 /Mai /2008 14:47

HISTOIRE DE CHINE LES GRANDES LIGNES PRMIERE PARTIE

 

L’histoire de Chine commence bien sûr avec l’apparition de l’écriture, soit environ au quinzième siècle avant notre ère. Nous n’évoquerons pas la préhistoire. L’histoire est divisée en périodes dont beaucoup correspondent à des dynasties. C’est l’absence de religion révélée qui, privant les chinois de la référence à la date de naissance d’un prophète, les a obligés à concevoir non seulement un système calendérique particulier et original (les troncs célestes et les rameaux terrestres et leur combinaison en un cycle séxagésimal, le cycle " jiazi ") mais aussi à la référence à des règnes historiques pour dater les événements.

L’histoire de Chine est connue, c’est un fait original, grâce aux chinois eux-mêmes : depuis la dynastie Han, et son célèbre historien SIMA Qian, les chinois se sont toujours appliqués à rédiger leur histoire. Les documents historiques chinois sont pléthoriques (les 2/3 n’ont toujours pas été lus, faute de lecteurs en nombre suffisant ! ! !) mais cette histoire souffre de deux défauts : elle reflète seulement une classe sociale, celle des lettrés et autres élites, et elle est évidemment très partiale !

 

LA DYNASTIE XIA :

La dynastie Xia, qui se serait étendue du 23° au 18° siècle avant notre ère, est qualifiée de " semi légendaire " : ceci signifie que si d’un côté elle est évoquée dans les traités historiques chinois à partir de Sima Qian, d’un autre côté, aucune preuve archéologique n’est venue confirmer son existence. De nos jours, les sinologues doutant de son existence même sont de plus en plus nombreux. Nous ne l’évoquerons donc pas plus avant.

 

LA DYNASTIE SHANG (18) ou 16° siècle avant notre ère, jusqu’au 11° siècle avant notre ére)

 

La dynastie Shang, elle, est attestée et constitue donc le début véritable de l’histoire chinoise. Elle est une civilisation de l’âge du bronze et elle peut être considérée comme le sommet mondial de cet âge, tant les réalisations chinoises de cette époque ont atteint un niveau d’excellence et de raffinement exceptionnels.

Ses caractéristiques sont les suivantes :

- Métallurgie de qualité remarquable et développement des idées magiques, alchimistes et cosmologiques qui en découlent.

- Développement du concept de Tianming, le mandat du ciel : celui-ci, confié au souverain par le Shangdi (dieu suprême) a pour but d’assurer l’harmonie entre les trois dimensions essentielles du monde : la terre, l’homme, le ciel.

- Naissance de l’écriture chinoise : celle-ci est élaborée par la classe des devins. L’écriture servait à noter les problèmes soulevés lors des opérations de divination, les débats suscités, les conclusions, etc… Rappel : la divination chinoise consiste à pratiquer des brûlages sur des carapaces de tortues. C’est sur ces carapaces même que sont notés les commentaires, devenant ainsi le premier support de l’écriture chinoise, avant le bronze, puis le bambou et enfin le papier qui, rappelons le, est une invention chinoise. L’écriture chinoise est donc d’origine divinatoire et conserve encore aujourd’hui, partiellement mais réellement, cet aspect particulier de son origine.

 

 

 

LA DYNASTIE ZHOU (11°siècle avant notre jusqu’en 256 avant notre ère. En deux parties : les Zhou occidentaux (xihan), jusqu’en – 771, et les zhou orientaux (dongzhou): - 771 à – 256)

La plus longue période de l’histoire de Chine : 8 siècles environ !

Elle est caractérisée par :

- le début de l’extension territoriale. La Chine, alors petite et cantonnée dans le bassin moyen du fleuve jaune, se développe fortement vers le sud et l’est, et à la fin de la période occidentale, sa surface est multipliée par quatre.

- Ceci a une conséquence politique majeure : la mise en place d’un système féodal d’administration du territoire.

- Cette administration fait que très rapidement, le pouvoir échappe aux souverains Zhou : les " seigneurs " locaux (zhuhou) ne " répondent " plus et entament des guerres intestines. La Chine se trouve finalement divisée en grandes principautés rivales (Qin, Chu, Yue, Jin, Yan, etc…) jusqu’à un certain équilibre des forces. Le pouvoir central est cantonné dans ce qu’on appelle les " zhonguo " (états du centre) : c’est la première apparition de ce mot qui désigne aujourd’hui la Chine.

- Le désordre politique et social qui en découle entraîne l’effondrement des dogmes cosmologiques anciens comme le tianming et donc, l’apparition des premiers grands penseurs chinois : Confucius, puis Laozi (si tant est que ce dernier existât !), Zhuangzi, etc…. De même que les grands textes de divination, cosmologie, médecine, etc… La pensée confucéenne se développe autant que la pensée taoïste initiée par Zhuangzi et Laozi. A cette époque, le taoïsme n’était absolument pas une religion.

- Apparition de la pensée " légiste " : dogme brutal et totalitaire initié par HAN Feizi et SHANG Yang.

- Les réformes de Shang Yang : dans la principauté de Qin (à l’ouest) se développe une pensée politique pertinente visant à remplacer le système féodal : celle-ci développe notamment la notion de fonction publique et de gouvernement centralisé : les futurs mandarins apparaissent.

Après l’événement connu sous le nom de " partition de Jin " au milieu du 5° siècle avant JC., la Chine entre dans sa période des Royaumes Combattants : cette guerre totale aboutit à la victoire sans appel de la principauté de Qin qui réunifie la Chine. Son souverain prend le nom de Qin Shi Huangdi " le premier empereur de Chine " en –221 et fonde la dynastie Qin. C’est la fin de la période pré-impériale.

 

LA DYNASTIE QIN (-221, -206)

 

L’éphémère dynastie Qin, qui inaugure, en – 221, l’ère impériale de l’histoire de Chine, règne par la terreur et l’exploitation terrible du peuple chinois. Elle ne survivra que moins de trois ans au décès de son premier souverain !

Elle est caractérisée par :

- unification de la LANGUE et des caractères, ainsi que les poids et mesures.

- Poursuite de l’extension territoriale.

- édification de la première grande muraille.

- Persécution des lettrés confucéens et autodafé de –213.

 

LA DYNASTIE HAN (- 206, + 220, en deux parties : Han antérieurs (- 206, +9 ; Han postérieurs : +23 à 220. Entre les deux la courte période dite de " l’usurpation de Wang mang ")

La dynastie Han est vraiment la dynastie fondatrice de l’empire chinois. D’ailleurs, la langue chinoise s’appelle Hanyu (汉语) soit " la langue des han " !

- Les Han abandonnent le légisme et canonisent Confucius : la pensée confucéenne devient le dogme du pouvoir impérial chinois et ce jusque en 1912 !

- Les Han reprennent l’extension territoriale et notamment vers l’ouest, où ils arrivent à établir des suzerainetés jusque en Asie centrale. Ceci débouche sur des échanges commerciaux très importants avec le reste du monde. C’est d’ailleurs sous les han que la Chine entre en contact avec l’occident par le biais des marchands. Les romains font une grande consommation de soie et connaissent l’existence de la Chine, tout comme les chinois connaissent l’existence du tout nouvel empire romain. C’est à cette époque qu’apparaît la fameuse " route de la soie " qui relie les deux mondes occidental et chinois. La Chine de cette époque est prospère et rayonnante.

 

LE MOYEN-AGE CHINOIS (à partir de 220, jusque en 581)

 

La fin de la dynastie Han est caractérisée par des révoltes populaires nombreuses et notamment celle des " turbans jaunes ". Ces soubresauts violents et les luttes de pouvoir à la cour aboutissent à l’effondrement de la dynastie Han en 220. Il résulte de cet effondrement, la division de la Chine en trois zones rivales, les " Trois Royaumes ". Leur effondrement rapide entraînera une autre réalité : l’invasion du nord de la Chine par les " barbares du nord ". La Chine, 250 ans avant l’occident (476 : Odoacre détruit Rome), entre dans son moyen-âge.

Celui-ci est caractérisé par :

- L’effondrement des Han met une fin (provisoire) au ritualisme confucéen et entraîne l’apparition du taoïsme religieux, ainsi qu’à la naissance d’un taoïsme " poétique, libertaire et antisocial ". La peinture chinoise, la poésie et la pensée même se voient fécondés par cet essor inattendu et conjoncturel du taoïsme, " l’éternelle alternative " en Chine.

- Les fameux " barbares " ne le sont pas tous ! Notamment le peuple des Tuoba qui fonde en Chine du nord la dynastie des Wei du nord. Ceux-ci apportent " dans leurs valises " une religion étrangère, le bouddhisme, qui va connaître à cette période un essor prodigieux. Comme souvent dans les périodes troubles, la Chine se laisse féconder par l’étranger et connaît des bouleversements spectaculaires !

 

 

Par Lorraine -han F. Pauchot
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Mardi 19 février 2008 2 19 /02 /Fév /2008 10:44

Nous remarquons également, au nord, ces deux petits édifices : la tour du tambour et la tour de la cloche. Ces deux bâtiments modestes relèvent aussi de la même rigueur symbolique. Au sud (yang) de cet ensemble, la tour du tambour, recelant en son sein un immense tambour, en bois, c’est à dire l’élément de l’est, du soleil levant, du matin, yang. C’est bien le matin que ce tambour était frappé pour signifier l’ouverture des marchés. Au nord (yin), la tour de la cloche : la cloche, en métal, l’élément de l’ouest, l’après-midi, le couchant, yin : en fin d’après-midi, la cloche résonnait pour imposer la fermeture des marchés. Comme il est dit dans le livre des Mutations : " shigu, he hu wei zhi kun, pi hu wei zhi qian " (" C’est pourquoi il est dit que fermer une porte s’appelle yin, ouvrir une porte s’appelle yang ") Mais outre cette extraordinaire eurythmie symbolique, ceci nous apprend à quel point, dans les villes, les marchés étaient tenus sous très étroite surveillance. Ceci est consécutif au mépris traditionnel des chinois pour les marchands, relégués tout en bas de la hiérarchie sociale. Confucius considérait que leur activité n’était guère morale ni humaniste, mais ce sont surtout les penseurs légistes qui leur vouaient une haine proportionnelle à la brutalité de leur doctrine ! Selon ces penseurs (période des Royaumes Combattants, - 481, -221), le pouvoir marche sur deux jambes : l’agriculture et la guerre. Cette dernière ayant pour but de détruire les surplus agricoles et même la possibilité des surplus. Car ceux-ci entraînent le commerce, le commerce la richesse, la richesse l’oisiveté, l’oisiveté la possibilité de mener seul sa vie et pratiquer des activités culturelles et la faculté de penser, et à terme développer une contre-culture, ce qui est impensable pour cette doctrine proto-totalitaire qui allait constituer la base idéologique de la première dynastie impériale (Qin, -221, -206) Si je me permets d’insister sur cette doctrine, c’est qu’elle ne fut pas aussi éphémère qu’on le prétend : si elle fut officiellement tenue pour nulle et non avenue par l’empereur Wu des Han, cette doctrine légiste a continué de marquer toute l’histoire du pouvoir chinois, …jusqu’à aujourd’hui ! Donc, le marchand a mauvaise presse en Chine, et les marchés restent sous bonne garde. Ceci nous renseigne, in fine, sur le statut de la ville en Chine : statut essentiellement politique, alors qu’en Europe, la ville est d’abord, dans la plupart des cas, un centre économique, le politique s’y greffant de surcroît.

Observons ces trois caractères chinois : ils sont dissyllabiques, c’est à dire correspondant à la langue chinoise moderne. Autrefois, seul le premier caractère, cheng, par exemple, suffisait pour dire " ville ", alors qu’aujourd’hui on dit chengshi. Un des intérêts de cette tradition récente du dissyllabisme, c’est que parfois, le deuxième caractère a un sens différent du premier, et ceci a le mérite de clarifier un sens chinois d’une notion donnée : c’est le cas ici, puisque shi ne veut pas dire " ville " mais " marché ", justement ! Cela correspond, historiquement, à l’époque où Shanghai, Ningbo, Canton, devenaient de grandes villes occidentalisées et économiquement dynamiques, mais cela signifie aussi que le développement économique des villes est une préoccupation récente, et en tous cas, que du point de vue traditionnel, cela reste secondaire. La ville c’est d’abord un centre politique. En quoi cheng désigne-t-il le politique ? Voyons le mot suivant, chengqiang, " mur " : en chinois classique, seul cheng suffisait pour dire " mur "… On voit donc qu’autrefois, c’était le même caractère qui signifiait " ville " et " mur " !

Pour comprendre cela, il nous faut remonter à l’origine des institutions impériales : celles-ci (fondées par les légistes, d’ailleurs) avaient pour but de remplacer l’ancien système féodal des Zhou, qui conduisit fatalement à une disparition du pouvoir central au profit de grandes familles nobles qui possédaient de fait la puissance locale en Chine, par un système de gouvernement centralisé et autoritaire : les réformes de Shang Yang, au 4° siècle avant notre ère, dans la principauté de Qin, furent donc à l’origine du futur système impérial, c’est à dire que le pouvoir central est réparti dans les provinces sur des administrateurs nommés, rétribués et révocables, bref, une fonction publique ; ce qui allait devenir le système mandarinal. Un mandarin est une personne qui ne répond que de l’empereur et n’a pas partie liée avec ses administrés, il affiche une volonté évidente de rupture avec les atavismes et autres relations privilégiées qui avaient cours autrefois sous le système féodal. Pour signifier cette rupture, il fait murer, même en temps de paix, la ville où il réside. Pour les chinois qui sont, encore aujourd’hui, massivement ruraux, la ville est donc le mur, derrière lequel le mandarin administre le territoire. Au cœur de la ville, son yamen, sa résidence, est également muré. Ces murs marquent la distance qui sépare le mandarin du peuple. Cette volonté de rupture prend même une forme linguistique : les mandarins sont formés à la capitale, Pékin depuis le XV° siècle, et, parlant des dialectes différents, ils affectent de communiquer ensemble avec la langue locale, en l’occurrence le dialecte de Pékin. Une fois en poste dans les provinces (jamais leur province d’origine, volonté de rupture, encore !) ils affectaient, pour marquer la distance, de parler cette langue qui reçut le nom de " langue des mandarins ". C’est ainsi que la langue officielle de la RPC, le putonghua, est appelé en français " mandarin " par référence à sa réalité de langue officielle issue du dialecte de Pékin.

Enfin, ce dernier mot chinois, guojia, " pays, état, nation " Jia, ne signifie pas " pays " mais " famille ". Il s’agit bien de l’idée de nation, à laquelle chacun participe, les citoyens, mais ne faisons pas d’anachronisme ! Cette idée est particulièrement récente ! La conscience d’être " français " date de la III° république ! En Chine, ces idées apparurent avec Liang Qichao au début du XX° siècle et c’est finalement Mao qui les mit en pratique. Autrefois, le paysan était assujetti et se moquait pas mal d’appartenir au pays de Chu, de Song ou de Qi. En fait, à l’origine, le caractère guo, qui signifie aujourd’hui " pays ", désignait, selon l’historien chinois Huang Xinya, ..la " ville " ! " guoren ", c’est " les gens de la ville ". Car c’est bien en ville, et seulement en ville, là où vivent ceux qui ont le pouvoir, que l’on connaît l’étendue de celui-ci sur une portion de territoire à laquelle le terme de guo s’étendra plus tard. C’est en outre un caractère très lisible : il y quelque chose (un élément qui ne nous intéresse pas, il n’a pas de valeur sémantique) qui est à l’intérieur d’un enclos, d’une enceinte. Si on affirme souvent aujourd’hui que ceci désigne une frontière, c’est encore un anachronisme : la notion de frontière est elle aussi fort récente. Il s’agit bien de l’enceinte qui enchâsse une ville, il s’agit de l’enceinte de la cité interdite : c’est depuis derrière les murs de ce palais que l’empereur dirige toute la Chine. Nous avons commis un bel anachronisme, justement, en regardant les trois palais yang : ceci était invisible aux chinois avant les années 20 du XX° siècle. Pour les chinois, la cité interdite, c’était ceci : un mur ! Cité (interdite) : cheng, Mur : cheng ! Dans la stance n° 36 du Laozi, il est écrit : " yu bu ke tuo yu yuan, guo zhi liqi bu ke shi ren " (c’est bien le guo de " pays " ) " Les poissons ne peuvent quitter les profondeurs, les ficelles (armes) du pouvoir (correspondant ici à guo), on ne doit pas les montrer au peuple " L’empereur règne, invisible, depuis derrière les murs. L’empereur doit être loin du peuple pour être craint, afin que chacun reste sur ses gardes…. On comprend à présent combien, finalement, l’idée de Yongle d’aller perdre la capitale tout au nord de la Chine confère maintenant au génie, - génie politique chinois s’entend -,… : le pouvoir est définitivement hors d’atteinte ! Yongle a préparé l’échec des soulèvements et révolutions des XIX° et XX° siècles !

 

Par Lorraine -han F. Pauchot
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Mardi 19 février 2008 2 19 /02 /Fév /2008 10:39

guo, "le pays"国 

Sens originel du caractère GUO, zhongguo, faguo, meiguo de Guo... généralement traduit par "pays", ce qu'il signifie aujourd'hui.

Mais, selon le professeur Huang Xinya ( Huang= jaune, Xinya : nouvelle Asie) ce caractère avait un sens différent autrefois. Différent comme le monde était différent !

D'abord, il ne faut pas trop chercher de sens à cette "jade enfermée dans une frontière" (cette clé de l'enclos étant assimileé à "frontière" parce qu'on traduit guo par pays... ) En fait, il s'agit d'un caractère simplifié qui s'écrivait autrefois avec la même clé mais qui enchâssait le caractère "HUO" de HUOZHE (ou bien, ou...) : il s'agissait donc d'un idéophonogramme (l'enclos pour le sens, HUO pour le son)

Mais ne trouvez-vous pas que ce "carré" est un peu rectiligne pour figurer une frontière ? D'autant que... l'idée de frontière est une idée très récente (18°-19° siècles) : regardez les cartes anciennes, on y lit bien "Royaume de France", "Duché de Bretagne", "Duché de Lorraine" , etc.... mais jamais on y voit de frontières !!! En fait, "l'enclos" de GUO est bien l'enceinte d'une ville !!! C'est même l'enceinte des palais, c'est même celle de la cité Interdite § C'est le sens premier de GUO : la ville !

Pourquoi ? La Chine est avant tout, comme aujourd'hui, un pays rural (20% seulement des chinois habitent en ville aujourd'hui..) Quel est donc le statut de la ville ? C'est tout simplement le siège du pouvoir ! C'est là qu'habite le mandarin, à partir des Han, ou le feudataire, à l'époque pré-impériale (dynastie Zhou) Vous savez que le caractère CHENG signifie à la fois MUR (Chang cheng= grande muraille) et VILLE : Chengshi : la ville) Pourquoi cette confusion ? Parce que les villes chinoises ont toujours été entourée de murs : ces murs n'avaient pas tant une fonction militaire qu'un fonction symbolique. C'est derrière le mur que gouverne le prince : il est invisible, et c'est ainsi qu'il est efficace ! Le mur marque la rupture entre le monde rural, commun, des LAOBAIXING ("les vieilles cent familles" = les "gens du commun") et le pouvoir. (A suivre)

Mais c'est bien en ville, c'est à dire derrière les murs des palais, que l'on décide de l'étendue de son pouvoir : "le pays de Chu", par exemple, est une idée définie par le prince de Chu, ...le peuple, lui, est totalement indifférent à cette réalité : d'ailleurs, le "patriotisme" (AIGUO) est une idée récente également : 19° siècle !!!! Avant, le peuple étatit asservi, il travaillait la terre sans se soucier de ce qu'elle fût de Chu ou de Qi. C'est donc en ville que le souverain définissait l'étendue de son pouvoir. C'est par GUO que l'on désignait la ville (GUOREN, en chinois classique désigne les "gens de la ville"), les lettrés devinant quelle étendue était couverte par le pouvoir détenu en ville. Ceci est très important pour comprendre la politique en Chine, ses institutions, etc....

 

Par Lorraine -han F. Pauchot
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Mardi 19 février 2008 2 19 /02 /Fév /2008 10:14

COMMENT EST NEE L’ECRITURE CHINOISE ?

 

Les chinois ont développé leur écriture dans les derniers siècles de la dynastie des Shang, qui est la première dynastie historique chinoise (18°ou 16° - fin 12° siècle avant J.C.). (Nous n’avons pas de preuves de l’existence réelle de la dynastie précédente, les Xia, que certains remettent en cause)

Les Shang, c’est une civilisation de l’âge du bronze. Considérée même par certains comme le sommet de cet âge : les vases rituels en bronze " bleu " manufacturés par les Shang nous donnent une idée du niveau exceptionnel de développement de la Chine de cette lointaine époque.

A cette époque l’économie reste essentiellement agricole. Et comme dans toute civilisation agricole, les chinois des Shang sont très préoccupés par les caprices du climat. Ils développent donc une religion animiste qui crée des dieux pour tout, arbres, soleil, lune, fleuves, nuages,…et qui sont " gouvernés " par un dieu supérieur, le Shangdi, habitant sur le " 9) ciel "quelque part dans la constellation de la grande ourse, qui, en lui associant l’étoile polaire comporte neuf étoiles, comme le neuf du carré magique géomantique du fengshui chinois… nous aurons plus tard l’occasion de revenir sur l’importance du chiffre neuf dans la pensée chinoise.

Pour s’assurer les bonnes grâces de ce dieu, et le prier, par exemple de faire tomber la pluie, les chinois pratiquent des sacrifices animaux et…humains. (Ces derniers disparaîtront vite des mœurs chinoises.) Sacrifier un taureau, par exemple, c’est d’abord l’égorger puis l’immoler sur un bûcher : le feu transforme cette lourde masse de chair en flammes, en gaz légers qui s’élèvent vers le ciel, vers le Shangdi.

Après la cérémonie, il restait toujours au milieu des cendres les restes des plus gros os de l’animal (fémurs, par exemple). Ceux-ci présentaient à leur surface des craquelures, liées bien sûr à l’action de la chaleur. Mais pour les chinois de ce temps-là, il s’agissait de toute autre chose : puisque ces craquelures n’existent pas à l’état naturel, ni même quand la viande a été cuite pour un repas, et qu’elles ne sont présentes qu’à l’issue d’un sacrifice, elles sont forcément liées à celui-ci. Ces craquelures sont un message divin, la " réponse " céleste aux vœux des humains. Les devins chinois vont donc essayer de déchiffrer ces messages. Car il est certain, selon eux, que si certains de ces messages sont bienveillants, d’autres doivent être des mises en garde, voire des réprimandes. Or il est impératif d’être agréable aux dieux….

Et à partir de ce moment-là les chinois vont inverser le sens des opérations : ils vont chercher à obtenir les craquelures avant le sacrifice ! Pour cela, ils vont utiliser des os d’animaux déjà morts, ou tués spécialement, et notamment des omoplates de bovins ou des carapaces ventrales de tortues. Les devins Shang appliquaient sur ces os des tisons chauffés à rouge pour produire les craquelures : on appelle cette forme de divination la " scapulomancie ". Que peut-on lire sur ces os craquelés ? …Tout simplement la même chose que dans les entrailles d’un animal, une boule de cristal ou le marc de café !…Personne n’en sait rien ! Mais les devins, eux, comparent les " résultats " de nombreuses opérations divinatoires, et discutent de cela pendant des heures, des jours, des mois, des années…Si bien que bientôt apparaît la nécessité de noter leurs conclusions. L’écriture va naître….

Et là se passe quelque chose d’extraordinaire…Comment se fait-il que les chinois, un peuple remarquablement ingénieux (ils ont inventé la brouette, le billet de banque, la poudre, la boussole, le gouvernail central, la cloison étanche, l’imprimerie (et non Gutenberg ! ! !), le papier, etc….), n’ont pas cru bon d’inventer une chose aussi judicieuse et efficace qu’un alphabet ? La réponse tient dans cette origine divinatoire de l’écriture chinoise…

Faire de la divination, c’est essayer de comprendre, au moins percevoir, les liens invisibles qui lient telles ou telles chose dans la nature, ou dans le monde humain. Quelle influence a le soleil sur le souverain, par exemple ? On sait que dans les pratiques magiques vaudou ou chez les sorciers de nombreuses civilisations, on jette un sort sur une personne en piquant des aiguilles sur des figurines de ces personnes : parce que ces figurines ou statuettes sont des représentations de celles-ci et que leur âme y est présente. Les aiguilles ne sont pas plantées dans des cartes de visite ! Ainsi, considérant que les relations invisibles qui lient le soleil au souverain, par exemple, existent toujours dans une représentation de ceux-ci, les chinois ont donc préféré dessiner, représenter, plutôt que de coder leurs noms de façon abstraite avec un alphabet. Dans les caractères chinois se tiennent l’essence et l’âme des choses, ….leur souffle vital…Ces dessins, vont former les premiers caractères chinois, nommés les " jiaguwen " (écritures sur os et carapaces). (Ca n’est qu’à la fin du 19° siècle que les historiens ont découvert les jiaguwen)

Depuis les Shang, les chinois n’ont jamais oublié cette origine magique et divinatoire des caractères. C’est notamment ce qui fonde l’art calligraphique chinois. " En pratiquant cet art, tout chinois retrouve le rythme de son être profond et entre en communion avec les éléments. " dit François CHENG.

Prenons un exemple illustrant ce qu’implique l’origine divinatoire des caractères chinois. …Si nous ajoutons à la lettre R un E, puis un G, un autre R, un autre E et enfin un T, nous obtenons une succession de lettres, REGRET. Aussitôt, comme nous savons lire cela, nous sommes renvoyés à l’idée de " regret ", nous pouvons en débattre, essayer de la définir, et tout simplement chercher sa définition dans le dictionnaire : " remords douloureux " (Larousse). Même, pouvons nous chercher son étymologie…Mais toujours, nous serons renvoyés à d’autres mots, d’autres assemblages de lettres qui, finalement, …ne disent rien de ce qu’est un regret ! L’alphabet n’est qu’un code, diablement efficace certes, mais totalement abstrait de ce à quoi il se rapporte. Rien de ces six lettres " regret " ne nous dit ce qu’est celui-ci.

Voyons maintenant un caractère chinois, HUI , précisément celui que nous traduisons en français par regret (ou regretter)! Il est composé à gauche de la clé du cœur (le cœur désigne en chinois autant l’affectif que le cognitif) et à droite d’un élément qui désigne le retour cyclique de quelque chose. Ce caractère HUI signifie le retour cyclique, permanent, dans le cœur. Avec l’expérience de chacun et les années qui passent, ce sens de " regret " devient évident : le retour cyclique dans la pensée du souvenir de nos mauvais actes ou paroles qu’il est impossible d’effacer, c’est ce qu’est un regret au delà de toute définition abstraite. Il faut du temps pour vivre ce qu’est un regret, ce même temps qu’il a fallu aux chinois pour composer ce caractère, pour élaborer leur système divinatoire comme leur écriture. Comme il a fallu du temps à chacun pour comprendre ce caractère, car, contrairement à une idée très répandue, il est très rare et difficile de pouvoir déduire le sens d’un caractère de ces composants : il n’y a rien d’automatique, il y a toujours cette " masse manquante " qui provient de l’expérience, du contexte. Ce caractère chinois ne donne pas de nom ni de définition à " regret ", il en est la représentation vivante car intégrée à nos vies, car subjective et sans cesse replacée en perspective.

" Origine divinatoire " doit être tenu à l’écart, autant des excès des modes astrologiques contemporaines, que du mépris dans lequel la tradition occidentale contemporaine tient ces " sciences occultes ". Divinatoire ne veut dire ni " Madame Soleil " ou " www.horoscope.com ", ni " superstitions arriérées ". Chez les Shang, comme dans toute la tradition chinoise, l’art divinatoire était une forme de pensée très élaborée et subtile. La divination, c’est être attentif aux choses les plus subtiles, à la première amorce d’un changement, au plus infime mouvement de l’âme d’une personne ou d’une situation. Comme en témoigne, par exemple, la composition du caractère HUI. Et c’est aussi dans la grammaire chinoise, la syntaxe, que cet aspect divinatoire apparaît.

C’est cette attention au mouvement intime des êtres qui a poussé les chinois à écrire des caractères plutôt qu’un alphabet simplement mécanique et abstrait.

 

 

Par Lorraine -han F. Pauchot
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Lundi 18 février 2008 1 18 /02 /Fév /2008 21:30

LES DIFFERENTS TYPES DE CARACTERES

 

Il est coutume de désigner les caractères chinois sont le nom d’idéogrammes. On peut simplement l’admettre, mais ça n’est pas exact en vérité. L’écriture chinoise est bien une écriture de type idéographique ce qui signifie simplement qu’il n’y a pas de correspondance entre les graphies et les sons, mais, on va le voir, ce type d’écriture est plus complexe et plus riche qu’il en a l’air. En réalité " idéogramme " désigne un type particulier de signes écrits chinois, et on peut même rajouter que les idéogrammes n’en représentent qu’une minorité. Les signes chinois peuvent être qualifiés de sinogrammes (gramme = signe écrit (hologramme, pictogramme, anagramme, phonogramme, etc…), et sino (sinophile, sinologue, sinophone,etc…) = Chine) Et tout simplement, on parle de façon générale de caractères !

Ces caractères, donc, sont de plusieurs types. Selon le premier dictionnaire chinois, le Shuowen jiezi, établi par XU Shen et présenté en l’an 100 de notre ère, il existe six catégories différentes de caractères. Nous n’en évoquerons que quatre d’entre elles.

 

1- LES PICTOGRAMMES (xiangxing zi, en chinois: " caractère qui ressemble à la forme ")

 

Le dessin reproduit l’objet, il faut en interroger les contours " écrit Paul Morel dans son livre " Les 214 clés de l’écriture chinoise " aux éditions Youfeng. Il s’agit des premiers caractères chinois. Il s’agit de la représentation stylisée d’un objet. C’est un caractère simple, non composé, c’est à dire indépendant : à la manière des nombres premiers, on peut dire qu’il n’est divisible que par lui-même. Il a tout de même quitté ce statut de dessin, pour accéder au statut de signe d’écriture, chargé de sens.

En voici des exemples :

le soleil, la lune, l’homme, l’eau, l’arbre, l’œil, la terre, l’enfant, le fils, la pluie, les champs cultivés, le bambou, la bouche, la main, la montagne….

Les formes rondes originelles ont laissé la place à des formes carrées plus belles à dessiner avec le pinceau. C’est bien l’invention du pinceau par le général Meng Tian au 3° siècle avant notre ère qui a provoqué la disparition des formes arrondies.

Comme dit plus haut, les pictogrammes sont plus que des dessins. Par exemple, le caractère soleilcomporte un trait en son milieu. Les sinologues s’interrogent sur sa signification. Selon beaucoup d’entre eux il pourrait s’agir des taches solaires, dont les chinois connaissent l’existence depuis une époque très reculée…

De même, le caractère (mu3) qui représente une poitrine féminine (c’est le dessin) signifie la mère (c’est le sens) : l’allaitement constituant le geste maternel par excellence.

 

2- LES INDICATEURS (zhishi, en chinois : " qui indique, montre quelque chose ")

 

On le regarde, on le comprend, en l’examinant on comprend ce qu’il signifie." (Paul Morel)

 

Les indicateurs revêtent deux formes :

  •  

  • des chiffres : un, deux, trois.
  •  

     

  • Il désigne une partie d’un objet particulier :
  •  

 

Si l’on prend le caractère (pictogramme) mu4 (arbre) on a deux indicateurs, l’un comportant un trait supplémentaire en bas, trait qu’il faut considérer comme une flèche désignant le bas de l’arbre, c’est à dire la racine (ben3). Et un autre comportant le même trait mais placé en haut cette fois, indiquant le haut, le bout des arbres : branches ou rameaux (mo) .

 

On trouve également les caractères shang (dessus, au-dessus, monter, supérieur) et xia (dessous, en-dessous, descendre, inférieur) : (pour le premier),(pour le second). On voit pour le premier, une référence (le trait horizontal), quelque chose posé dessus (le trait vertical), et le petit trait est la " flèche " désignant ce dernier pour signifier " sur ". Même procédé pour le second, par en-dessous cette fois. Notez enfin, que l’association de shang et xia peut signifier " reflet " : par exemple, la lune est shang (dans le ciel) et xia (en dessous), son reflet sur l’eau. Ce sens devient évident avec l’ancienne disposition calligraphique chinoise : de haut en bas :

 

 

 

…. Où l’idée de reflet apparaît de façon graphique évidente.

 

3- LES IDEOGRAMMES : (biaoyi wenzi : " caractères d’écriture qui expriment le sens ")

 

Associe des caractères et des sens " Paul Morel

Il s’agit de caractères composés, à la différence des pictogrammes. Ils sont composés de deux caractères au moins, qui constituent des éléments sémantiques qui donnent son sens au caractère ainsi constitué.

Exemples

 

Comme de nombreux autres caractères chinois, certains idéogrammes nous renseignent sur le passé de la Chine. Par exemple, le caractère you est constitué d’une main et d’un morceau de viande. Il signifie " avoir, posséder ". A nombreuses reprises au cours des siècles, la disette a sévi en Chine, et dans ce peuple plus agriculteur qu’éleveur, c’était surtout la viande qui venait à manquer. On imagine quelqu’un qui se plaît à tenir en main un morceau de viande pour signifier : "Moi, j’en ai ! "

De même, le caractère xing est composé de : femme et engendrer. Il ne signifie pas pour autant " la femme donne la vie " On sait que depuis son origine il signifie (encore aujourd’hui !) : nom de famille. Les sinologues en ont déduit que les premières sociétés chinoises étaient matrimoniales, la femme était le chef de famille et c’est elle qui transmettait son nom à ses enfants.

 

Autres exemples : 泪 l’eau + un œil = une larme. Le toit + une femme = une femme sous un toit, c’est une ambiance paisible : la paix. La rivière + le cheval : on peut mener le cheval au bord de la rivière pour qu’il s’y abreuve : on l’a donc apprivoisé : " apprivoiser ". l’eau + l’air : la vapeur d’eau. La pluie + la main : la pluie que l’on peut tenir dans la main : la neige. Une main droite, une main gauche : deux mains qui se tiennent : l’amitié


1-LES IDEO-PHONOGRAMMES : xing sheng : " forme et son " :

(ou phonomorphème, ou complexe phonique)

 

Ce dernier type de caractère abordé aujourd’hui constitue à lui seul 80% des caractères chinois !

Ils sont aussi des caractères composés, mais toujours d’un élément sémantique et d’un élément phonétique qui donne une indication sur la prononciation. Le chinois étant une langue privée d’alphabet, il n’existe aucun moyen de connaître la prononciation d’un caractère. Ces indications que l’on trouve dans les idéo-phonogrammes relèvent plus de la rime et de l’assonance. exemples : ma1 qui signifie " maman " est composé d’un élément phonétique " la femme " (la mère est bien une femme) et d’un élément phonétique " ma " le cheval : il n’y a aucun rapport sémantique entre cheval et maman, l’élément cheval ne sert ici qu’à donner la prononciation du caractère.

Autre exemple : he2, la rivière, composé de l’élément " eau " (la rivière est bien constituée d’eau) et d’un élément qui se prononce seul ke : ke et he riment, tout simplement.

 :

Par Lorraine -han F. Pauchot
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Dimanche 17 février 2008 7 17 /02 /Fév /2008 12:08

 

 

 Note : la mise en page effectuée par moi-même sur word pour présenter de façon claire les correspondances entre tous les éléments cités, est impossible à rendre sur ce blog. désolé !

 

Par Lorraine -han F. Pauchot
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Dimanche 17 février 2008 7 17 /02 /Fév /2008 11:59

Le cycle jiazi :

 

1 : Les dix troncs célestes

 

jia yi bing ding wu ji geng xin ren gui

yang yin yang yin yang yin yang yin yang yin

bois feu terre métal (or) eau

printemps été sais. int. automne hiver

 

2 : Les douze rameaux terrestres

 

 

zi chou yin mao chen si wu wei shen you xu hai

 

rat buffle tigre lapin dragon serpent cheval mouton singe coq chien cochon

 

 

Le calendrier chinois, le cycle jiazi.

 

Le calendrier grégorien a été adopté en Chine en 1912, par la toute nouvelle République de Chine fondée au lendemain de l’effondrement de la dynastie Qing, mettant fin à 2133 ans de période impériale. Auparavant, le système de calendrier chinois était bien sûr très différent du nôtre. Le calendrier traditionnel chinois est encore en vigueur de nos jours, quoique de façon non-officielle, et c’est celui-ci qui correspond au fameux nouvel an chinois, de son vrai nom chunjie 春节 " Fête du printemps " (dans certaines provinces, le nouvel an et la fête de printemps ne coïncident pas… Ne rentrons pas dans les détails)

Le calendrier chinois, soli-lunaire, a été initié selon la légende, par l’Empereur Jaune, à la date symbolique de 2637 avant notre ère.

Le temps chinois n’est pas le compte additif des années depuis un " an 1 ". (Notez que l’absence de religion révélée en Chine prive cette civilisation de tout prophète dont la date théorique de naissance constitue un point de départ de calendrier) Au contraire, le temps chinois est cyclique, sans origine et sans destination infinie. Il est constitué d’une succession de cycles, les cycles Jiazi. Nous nous trouvons actuellement dans le 79° cycle, 25° année. (c’est à dire en " l’an 4705 ", mais ce type de décompte n’a pas vraiment de valeur en chine)

 

Comment sont formés les cycle Jiazi ? Les troncs célestes et les rameaux terrestres.

 

 

Tout en haut de cet article figure une première série, (jia, yi, bing, ding,…) dite des troncs célestes. On ne sait pas grand chose de leur origine sinon qu’ils datent de la dynastie Shang, (18° ou 16° siècle avant J.C jusqu’au 11° siècle avant J.C.) et qu’ils servaient à nommer les règnes des souverains. Ils font partie des premiers caractères chinois, figurant sur les épigrammes oraculaires sur os et carapaces de tortue, support de l’écriture à cette époque.

Les dix troncs célestes, associés par deux, correspondent aux " cinq éléments " (wuxing五行, communément traduit par " éléments " mais la traduction par " phases " est meilleure) : à savoir pour les deux premiers, jia et yi : le bois, les deux suivants : le feu, etc… Dans ces couples, le premier tronc est toujours yang et le second yin. Enfin, ils correspondent aux saisons : cf. tableau ci-dessus. " Sais.int. " : Saison intermédiaire, soit les trois dernières semaines de chaque saison.

Selon Paul Morel, les dix troncs célestes décrivent l’évolution d’une plante au cours de l’année, ou tout simplement son cycle propre pour les plantes éphémères.

Les rameaux terrestres : au nombre de douze, ils correspondent aux douze heures de la journée chinoise, divisée en périodes de deux heures, la première (zi) débutant à 23 heures et prenant fin à 1 heure du matin, la septième heure (wu), s’étend de 11 heures à 13 à heures : nous voyons que notre " minuit " et " midi " européens, en tant que point " théoriques " n’intéressent pas les chinois. Nous aurons l’occasion de revenir sur cette idée maîtresse en Chine à d’autres occasions.

Mais les rameaux terrestres correspondent surtout aux douze années que met Jupiter pour accomplir sa révolution autour du soleil. Les chinois ont noté depuis fort longtemps que cette planète met douze fois plus de temps que la terre pour faire le tour du soleil, ce qui revient à dire que la présence de l’astre dans chacune des constellations du zodiaque ne dure pas un mois mais un an : chaque année a donc son signe astral, auquel correspond un animal (cf. supra)

Ainsi, pour nommer les années, les chinois associent un tronc céleste à un rameau terrestre : la première année du cycle jiazi, est l’année éponyme jiazi, c’est à dire le premier tronc associé au premier rameau : jia + zi. La deuxième année, c’est le deuxième tronc associé au deuxième rameau, soit : yichou (yi + chou), 3° année, 3° tronc + 3° rameau : bingyin, …. 10° année : 10° tronc et 10° rameau, soit : guiyou. Ensuite, puisqu’on a épuisé les troncs, on repart au premier tronc, soit pour la 11° année : premier tronc (jia) plus 11° rameau : jiaxu. 12° année = 2° tronc + 12° rameau, 13° année : 3° tronc plus premier rameau (on a épuisé les rameaux) : bingzi, etc…..

Ainsi, toutes les combinaisons ne sont pas possibles (une sur deux seulement) : elles sont au nombre de 5 x 12 = 60 : au bout de 60 ans, on parvient au couple guihai : dernier tronc et dernier rameau. C’est la dernière année du cycle, la suivante est à nouveau une année jiazi du cycle suivant. Le 79° cycle au cours du quel nous vivons a débuté en 1984 : 1984 était donc une année jiazi (comme 1804, 1864, 1924, ou 2044, 3004, 3064,…)

Il est facile, vous l’avez compris, de créer les 60 associations du cycle (cf. infra) . Une fois une année constituée en tant qu’association d’un tronc et d’un rameau, il est enfantin d’en déterminer les caractère astrologique : le rameau correspondant à un animal, et le tronc à son " ascendant " : cette année 2008 (wuzi) est une année du rat (rameau : zi) de bois (tronc : wu) (zi : premier rameau. Notez que toutes les années zi sont des années du rat, donc l’année jiazi 1984 est une année du rat, comme 1996 est une année du rat, comme 2008, puis 2020, puis 2032, soit bien-sûr tous les douze ans, et enfin 2044 qui sera une nouvelle année jiazi (80° cycle)

Le 79° cycle

 

Pour plus de lecture, voyez l’article " Astrologie chinoise " sur Wikipédia. Vous y trouverez notamment le début de chaque année du calendrier chinois, ce qui est utile aux personnes nées en janvier ou février (les bébés nés en 2008 ne sont de l’année du rat que s’ils sont nés à partir du 7 février ! Les autres sont encore de l’année du cochon !)

Autre référence : vous pouvez consulter " Les 214 clés de l’écriture chinoise " de Paul Morel, éditions You-feng, pages 216 à 224.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 : 1984 jia-zi, 1985 yi-chou, 1986 bing-yin, 1987 ding-mao, 1988 wu-chen,1989 ji-si, 1990 geng-wu, 1991 xin-wei, 1992 ren-shen, 1993 gui-you, 1994 jia-xu, 1995 yi-hai, 1996 bing-zi, 1997 ding-chou, 1998 wu-yin, 1999 ji-mao, 2000 geng-chen, 2001 xin-xi, 2002 ren-wu, 2003 gui-wei, 2004 jia-shen, 2005 yi-you, 2006 bing-xu, 2007 ding-hai, 2008 wu-zi, 2009 ji-chou,…. Je vous laisse calculer la suite. De ceci, on voit par exemple que l’année 2000 étant geng-chen, est une année du dragon (chen) de métal (geng)… :
Par Lorraine -han F. Pauchot
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Mercredi 21 novembre 2007 3 21 /11 /Nov /2007 11:27

一个爸爸和他的孩子.
他们在一家饭馆,还没吃吃饭了,刚刚点了菜.
在照片右边看得见一位女人,我们看不见她的面容.

在桌子上摆着两瓶啤酒 zai3 zhuo1zi shang3 bai3 zhe liang3 ping2 pi2 jiu3

Sur la table sont posées deux bouteilles de bière. Ici, quel est le sujet de la phrase ?
Ce n'est pas les bouteilles de bières, qui sont ici l'objet de la phrase, d'où leur place dans la phrase.

在扇子上写着汉字 zai4shan1zi shang4 xie3 zhe han4zi4

Des caractères sont écrits sur l'éventail : Même chose !
Notez bien que "les caractères" ne peuvent pas raisonnablement être le sujet du verbe "écrire". C'est bien quelqu'un qui a écrit les caractères, mais on ne sait ni qui, ni quand, ni pour compbien de temps : c'est cette situation qui justifie l'emploi de la particule d'Aspect zhe(au ton léger)着. 
    Si l'on dit 汉子写着 , le sujet ne pouvant être "les caractères" (a t'on jamais vu un caractère s'écrire lui-même?), la phrase PREND UN SENS PASSIF : "des caractères sont écrits"

孩子因为七八岁左右,所以不认识很多汉字,有很多她看不懂,所以她爸爸用扇子给她教汉字. 孩子听着她爸爸说的话.

a-new-shanzi--girl-and-father.jpg

Par Lorraine F. Pauchot
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Dimanche 18 novembre 2007 7 18 /11 /Nov /2007 16:15
两个人走路

甲和乙两个人正在走路,往邻县去.
甲在前头走,乙在后面跟着.他们走得很快.
走了好久,他们迷路了,不知道应该往哪儿走.
乙对甲就说: "我以为你认识路道,你在前面走,所以我在面走,不知道你其实不认识路道!"
甲对乙就说:"我以为是你认识怎么走,我就在你前面走,你走错了,你一定会指点我的,谁知道你也不认识路道!"

(金江写的寓言)
金江: jin1jiang2 : nom de l'auteur
寓言 :yu4yan2 : fable
甲,乙 jia3 yi3: A et B
邻 lin2 : voisin
县 xian4 : bourg
前头 qian2tou2 : devant
后面(=后边)hou4mian : derrière
迷路 mi2lu4 : perdre son chemin, s'égarer
应该 ying1gai1:devoir (sans obligation)
往wang3 : préposition : vers, dans la direction de...
以为yi3wei2 : croire que...  (mais se tromper)
认识 ren4shi : connaître, savoir.
所以 suo3yi3 : c'est pourquoi
其实 qi2shi2 : en réalité
错 cuo4 : faux, mal, erreur
一定 yi2ding4 : sûrement
会 hui4 : pouvoir
指点 zhi3dian3 : indiquer, montrer



Par Lorraine F. Pauchot
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