Jeudi 21 avril 2011 4 21 /04 /Avr /2011 20:57

Examen blanc

 

1 - wo     kan            dianshi

       je         regarder        télévision

      je regarde la télé.

 

Nous avons ici la structure de base de la phrase chinoise à savoir : Sujet-Verbe-Objet (SVO)

 

2 - ta          shi          ribenren

      il/elle     être        japonais(e)

    Il/elle est japonais(e)

 

On note ici : L'absence de marque de genre en chinois. En l'absence de contexte il n'est pas permis de déterminer s'il s'agit d'un homme ou d'une femme. 2- Nous retrouvons la structure SVO mais il faut noter que la notion d'objet dans la grammaire chinoise ne recouvre pas celle, plus restrictive du COD (complément d'objet direct). Ici "japoanis(e)" n'est pas un COD mais est bien l'objet du discours chinois.

 

3 - wo      zuotian      zai       kafeiguan       kan          zuqiu

     je         hier           à             café         voir            football

  Hier, j'ai regardé le match au café.

 

Nous retrouvons ici la structure SVO, et la place des circonstanciels dans la phrase chinoise : à savoir : Les circonstanciels se placent toujours AVANT le verbe. (En chinois, on fixe le décor avant d'agir) L'ordre de base est le suivant : Qui? Quand ? Où? faire- Quoi? (Sujet- CCT-CCL-Verbe-Objet)

D'autre part, on remarque que c'est le seul "zuotian" (hier) qui fixe le cadre temporel. Le verbe ne subit aucune flexion (rappel : le chinois est une langue non-flexionnelle) (autre rappel : flexion = modification de la forme d'un mot, généralement sur sa terminaison, dans le but de l'inscrire dans une catégorie : féminin/masculin-Singulier/pluriel, etc...) Le chinois répugne ce genre de catégorisation. En d'autres termes (plus "pratiques") : en chinois on ne conjugue pas les verbes.

 

4- tian       gao     tu         di

  le ciel   haut       terre basse

Le ciel est haut, la terre est basse.

 

Un : Absence du verbe "être" en chinois. Ce verbe implique une fixité qui est contraire à la vision cyclique des choses selon les chinois. Une feuille d'arbre n'est pas verte car ce n'est qu'un état passager (elle sera rouge en automne)

Deux : statut de l'adjectif en chinois : l'adjectif chinois est aussi un verbe, un "verbe-adjectif". Par exemple "gao", haut, signifie aussi "être haut"

Trois : contenu "comparatif, voire superlatif de l'adjectif chinois : ici gao et di signifient "plus haut que" et "plus bas que" : on compare le ciel et la terre. En l'absence de comparaison, il faut utiliser l'adverbe "hen" pour annuler cet caractère comparatif. "tian hen gao" : le ciel est haut.

Quatre : le parallélisme
 : structure symétrique héritée de la langue classique qui ignorait la ponctuation. Le parallélisme permet d'isoler des fragments du discours. On dit que le rythme, le souffle, tiennent lieu "d'analyse grammaticale" en chinois.

 

5 - wa        kong     ji 

   creuser    vide    machine

Une pelleteuse

 

On a ici un lexème, c'est à dire la réunion de plusieurs morphèmes pour former un mot chinois plurisyllabique qui correspond à une réalité concrète, technologique, ou abstraite, conceptuelle, du monde contemporain. C'est l'invention des lexèmes qui a permis au chinois de s'adapter au monde contemporain et occidentalisé.

 

6 - ni     xihuan    shuochang yinyue     ma ?

    toi     aimer       rap          musique -ma ?

Est-ce que tu aimes le rap ?

 

     bu              xihuan

     négation      aimer

   Non !

Nous avons ici une question fermée, fabriquée avec la particule modale "ma", toujours placée en fin de phrase. Une question fermée est une question dans laquelle la réponse est contenue dans la question. On y répond par "oui" ou "non"

En chinois il n'existe pas de mot pour "oui" ou "non", car ces deux termes sont ceux de la logique, discipline intellectuelle étrangère à la culture chinoise. Pour dire "oui", en chinois, on reprend tout simplement le verbe de la question, ici "xihuan" (aimer) et pour dire "non" on reprend ce verbe en le niant : "bu xihuan". En chinois, rien n'est définitif, le "oui" demaintenant cache un "non" demain ! (et vice versa)

 

7 - zhe  ben          shu     gui       bu     gui

        ce                 livre   cher     pas   cher

Le livre est-il cher ?

Il s'agit également d'une question fermée (que l'on peut remplacer par "zhe ben shu gui ma ?") Il s'agit de la forme alterno-interrogative, directement héritée des pratique divinatoires par scapulomancie, qui existaient déjà avant même que naisse l'écriture chinoise. Il s'agit de l'une de ces traces d'un passé immémorial que l'écriture et la syntaxe chinoises récèlent encore (comme le témoignage des sociétés matriarcales, comme vu dans la partie "écriture". (NB : cette partie, non évaluée à l'examen est l'objet d'un article à paraître prochainement sur ce blog) On note aussi la valeur de l'adjectif : verbe (gui = cher et COUTER cher)

 

8 - ni         qu        nar   ?

    tu         aller       où   ?

Où vas-tu ?

     wo   qu     liang

     je    aller   Lyon

Je vais à Lyon.

Ici, question ouverte : la réponse est inconnue du locuteur. Ces questions sont caractérisées par l'usage d'un pronom interrogatif. On remarque également que pour répondre à ce genre de questions, il suffit de remplacer ce pronom interrogatif par la réponse qu'il appelle et ce sans changer l'ordre des éléments dans la phrase. Ceci renvoie au caractère fondamentalement POSITIONNEL de la langue chinoise : le statut grammatical d'un caractère chinois (invariable, je le rappelle) lui est conféré par sa place dans la phrase.

 

9 - wo       mai         feijipiao         le

     je      acheter   billets d'avion   (le)

  J'ai mes billets d'avion.

Ici, nous avons le "le2", la marque modale du changement d'état et de l'actualisation. "Maintenant, j'ai mes billets d'avion" (que je n'avais pas avant) On traduit de genre de phrases généralement au PRESENT !

 

10 - wo     mai        le       feijipiao

        je     acheter    (le)    billets d'avion

J'ai acheté mes billets d'avion.

 

Ici, c'est le "le1", marqueur de l'aspect accompli. (Pour l'aspect, cf. article plus haut) Ici, l'action d'acheter les billets d'avion est considérée comme accomplie. Attention ! L'aspect est indépendant du temps de l'énonciation : il ne s'agit pas de "passé" (la chinois ignore le temps du verbe), cette phrase peut très bien se   situer dans le futur : "mingtian, wo mai le feijipiao, wo qu dashiguan mai qianzheng (demain, quand j'aurai acheté mes billets d'avion, j'irai à l'ambassade acheter mon visa)

 

11 - wo     mei            qu    guo     yindu

       je       négation    eller   (guo)   Inde

Je ne suis jamais allé en Inde.

Nous avons ici l'aspect de l'expérience vécue, marqué par "guo". La négation de l'aspect ne se fait pas aumoyen de la négation "normale" du chinois (bu) mais par "mei" qui est un caractère qui posséde le radical de l'eau 没 : ce qui est "noyé" aujourd'hui, sera découvert demain. Toujours cette notion de cycle, rien n'est définitif !

 

Merci de votre gentillesse, de votre attention et de votre patience. Bises à toutes et bonne chance pour la suite de vos études !  FP

 


Par F. Pauchot - Publié dans : sciences du langage
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Jeudi 10 mars 2011 4 10 /03 /Mars /2011 12:46

 

CHINE : BIBLIOGRAPHIE SOMMAIRE (suivie de notes)

 

Pour apprendre le chinois :

 

1 « Méthode d'initiation à la langue et à l'écriture chinoises » Joël Bellassen, Éditions La Compagnie.

ISBN : 978-2-9504135-6-7

 

Sur l'écriture chinoise :

 

2 « L'écriture chinoise, le défi de la modernité » Viviane Alleton, Albin Michel, collection « idées ».

ISBN : 978-2-226-17918-0

 

3 « L'écriture chinoise » Oliver Moore, éditions Atelier Perrousseaux ISBN : 978-2-911220-35-7

 

4 « Les idéogrammes chinois ou l'empire du sens » Joël Bellassen, Éditions You Feng

ISBN : 2-906658 57X

 

5 « 100 mots pour comprendre les chinois » Cyrille J.D.Javary, Albin Michel

ISBN : 978-2-226-18079-7

 

Écriture chinoise et calligraphie et poésie:

 

6 « Et le souffle devint signe. Portrait d'une âme à l'encre de Chine » François Cheng, Éditions l'iconoclaste ISBN : 978-2-91336-627-5

 

7 « Essai sur l'art chinois de l'écriture et ses fondements » Jean-François Billeter, éditions Allia

ISBN : 978-2-84485-331-8

 

8 « L'écriture poétique chinoise » François Cheng, Le Seuil, collection « points »

ISBN : 2-02-029928-3

 

9 « Lettre à une jeune fille qui voudrait partir en Chine » Jacques Pimpaneau, éditions Philippe Picquier ISBN : 2-87730-711-5

 

Histoire générale et philosophie chinoise :

 

10 « Le monde chinois » Jacques Gernet, Éditions Armand Colin ISBN : 2-200-25054-1

 

11 « Dictionnaire de la civilisation chinoise » Ouvrage collectif, Encyclopaedia Universalis, éditions Albin Michel ISBN : 2-226-10092-X

 

12 « Histoire de la pensée chinoise » Anne Cheng, Le seuil, ISBN : 2-02-012559-5

 

Divers :

 

13 « A deux jeunes filles qui voudraient comprendre la religion des chinois » Jacques Pimpaneau, éditions Philippe Picquier ISBN : 978-2-8097-0215-6

 

14 « Écrire parler et soigner en chinois » Lucien Tennenbaum, éditions YouFeng,

ISBN : 978-2-84279-050-9

 

Notes:

Tous ces ouvrages sont accessibles, à divers niveaux de difficulté, à toute personne non sinophone.

Les numéros renvoient à la numérotation des ouvrages dans la bibliographie ci-dessus.

 

1 – La meilleure méthode d'apprentissage du chinois ! Avec DVD comportant exercices de prononciation, la mise en scène in situdes textes de chaque leçon, de la grammaire « mise en scène », etc... Livre concis, génie pédagogique, ouvrage de référence.

 

2 – Ouvrage théorique sur l'écriture chinoise par une spécialiste de renom. Très théorique, à choisir plutôt pour approfondissement.

 

3 – Livre court et profond : très bonne entrée en matière. Avec de nombreuses illustrations.

 

4 - Ouvrage de référence, très facile d'accès, sans théorie, qui peut se lire dans n'importe quel sens : chaque page est dédiée à tel ou tel caractère. Nombreuses illustrations. Permet en outre l'apprentissage de l'écriture.

 

5 – Excellent ouvrage, références et analyses pertinentes, qui plonge autant dans le passé ancestral de la Chine que dans son actualité la plus contemporaine.

 

6 – Ouvrage remarquable, passionnant car passionné, par un membre de l'académie française d'origine chinoise. Il partage son cheminement initiatique avec le lecteur. Livre sensible, poétique et illustré de nombreuses calligraphies de l'auteur. En outre, bonne introduction à la pensée chinoise.

 

7 – Sommité rédigée par un sinologue suisse de renom. Livre théorique qui s'apparente à une thèse universitaire, … assez complexe voire difficile, mais bien sûr, ouvrage de référence (publié récemment)

 

8 – Analyse théorique remarquable de la poétique chinoise, avec de nombreux exemples. Livre exemplaire, voire génial, parfois un peu difficile mais assez bref. Il est suivi d'une anthologie des poèmes chinoises de la dynastie Tang (618-907)

 

9 – Livre bref, intense, plein d'humour (le « touriste consommateur » y est sérieusement éreinté !), excellente initiation à la pensée chinoise et introduction à la langue classique par la présentation de poèmes chinois, analysés et confrontant, ce qui est très intéressant, diverses traductions pour chacun d'entre eux.

 

10 – Histoire générale de la Chine, des origines à Deng Xiaoping : ouvrage de référence absolument remarquable. Si l'on ne doit lire qu'un seul livre sur l'histoire de Chine, c'est celui-là. Bien sûr, c'est tout de même un « pavé ».

 

11 - Compilation de divers articles publiés dans la célèbre encyclopédie. De nombreux articles, notamment sur la langue, l'écriture, la littérature, la cosmologie, etc... sont remarquables. « Pavé » également...

 

12 – Comme pour « le monde chinois », si l'on ne doit lire qu'un seul livre sur la pensée chinoise ce sera celui-ci ! Une sommité écrite par la grande spécialiste française actuelle de ce sujet (fille de François Cheng). Si de bonnes notions philosophiques générales aident à lire cet autre « pavé », sa lecture reste bénéfique pour toute personne simplement curieuse de la pensée chinoise.

 

13 – Très bon livre, clair et efficace, court, pour celles (et ceux!) qui s'intéressent à la religion en Chine : Confucianisme, Taoïsme, Bouddhisme.

 

14 – Ouvrage passionnant sur l'écriture chinoise, par un... médecin acupuncteur ! Plongée au cœur de l'écriture chinoise, sa symbolique, sa puissance, son passé, etc... C'est cet auteur qui défend de façon véhémente le sens « matriarcal » de certains caractères (ceux présentés en cours à ce sujet, notamment...)

 

Par F. Pauchot - Publié dans : sciences du langage
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Dimanche 15 novembre 2009 7 15 /11 /Nov /2009 15:12

SEQUENCE 0.0

 

, .

Zhong1 guo2 da4, ri4 ben3 xiao3.

(sens des caractères : voir " Des caractères de caractère ")

Formation d’un mot en chinois

Dans la langue chinoise classique (ancienne), un caractère constituait un mot.

Langue ancienne : un caractère = un mot.

Dans la langue moderne, la plupart du temps, il faut deux caractères pour former un mot.

(Sur le plan technique on parle de morphème pour un caractère : c’est à dire qu’il y a unité de forme (morpho-, signifie " forme ") et de sens. Et de lexème pour un mot : plusieurs caractères pour une unité de sens lexical)

C’est ce principe qui a permis à la langue chinoise de s’adapter au monde moderne : Exemple, AVION : feiji,

" voler-machine " : la machine qui vole. (Voir " Généralités sur la langue chinoise ")

Rappel : un caractère chinois c’est toujours UNE SEULE SYLLABE !

Dans le texte ci-dessus, nous avons deux mots chinois :

 

zhong1 guo2 : " milieu-pays " soit " Le pays du Milieu " = L’Empire du Milieu, c’est à dire la Chine.

Ceci signifie quoi ?

Que les chinois se placent au centre du monde. Peut-on leur en vouloir ? … Nous faisons la même chose ! Une carte du monde européenne place l’Europe au centre, une carte américaine place le continent américain au centre, et c’est ainsi pour les chinois.

 

ri4 ben3 : " Soleil-racine (donc " source " ou " origine ") : c’est à dire " Le pays du soleil levant ", le JAPON.

La prononciation de ce mot chinois a engendré le mot européen " Japon ", alors que sa prononciation japonaise est " ni-ron " qui donne " Nippon ".

(Note 1 : La prononciation chinoise et la prononciation japonaise sont totalement différentes pour des caractères identiques ! (Le Japon a " emprunté " des caractères chinois sous la dynastie Tang : 618-907) Ceci est dû à L’ABSENCE D’ALPHABET, ce qui signifie qu’il n’existe pas de correspondance normalisée entre les graphies et la prononciation.

Note 2 : Pourquoi utilisons-nous la sonorité chinoise pour désigner le Japon, et non la prononciation japonaise ? (ce qui serait plus logique !) La raison est historique. Nous avons connu la Chine bien avant les Grandes Découvertes (par la mer). C’est par la route que les premiers occidentaux sont arrivés en Chine : nous avons donc connu la Chine avant le Japon. Et ce sont les chinois qui nous ont informés de l’existence du " ri-ben ", le Japon !)

SENS DE LA PHRASE :

Chine grande, Japon petit " Bien sûr, cela signifie :

" La Chine est grande, le Japon est petit ".

D’où vient alors le verbe " être " ?

Dans la langue chinoise classique, le verbe " être " n’existe pas.

Dans la langue moderne il existe un faux verbe " être ".

En réalité, le verbe " être " est contenu dans l’adjectif. Ainsi :

da4

xiao3

Les adjectifs chinois sont donc des verbes ! On les appelle des " verbes-adjectifs ".

(Note : la langue chinoise est d’origine divinatoire : ce sont les devins qui ont inventé l’écriture chinoise alors qu’à Sumer, ce sont les marchands qui ont mis au point l’écriture cunéiforme. IL Y A BEAUCOUP DE " CHOSES CACHEES " DANS L’ECRITURE CHINOISE !)

 

DIALOGUE 0.0

 

 :  ?

 

 : .

 

 :  ?

 

 : , .

Ma

中国大

 

zhong1 guo2 da4 ma ? Signifie donc :

" Est-ce que la Chine est grande ? "

La réponse, si elle est affirmative, est très simple : il suffit de répéter la même phrase en enlevant " ma " ! ….

…MAIS… Alors, pourquoi a-t-on ajouté hen

dans la réponse ?

 

….. Dans la langue chinoise, il y a des " choses cachées ". Dans notre phrase ci-dessus, il y a encore une " chose cachée " ! En effet, da4 " grand, être grand ", signifie aussi " être PLUS grand (que) ", tout comme xiao3 signifie " petit, être petit " et même " être PLUS petit que ".

Nous voyons bien que dans cette phrase ON COMPARE LA CHINE ET LE JAPON.

Or, dans le dialogue, il n’y a pas de comparaison : on parle de la Chine, c’est tout.

Pour annuler le " plus " de " plus grand ", on place

Ainsi, pour dire " La Chine est grande " on dit : zhong1 guo2 hen da4

 

.

Quant au Japon :

 

, . ri4 ben3 bu2 da4, hen2 xiao3. Le Japon n’est PAS grand, il est très petit.

Le caractère bu4, (normalement prononcé au quatrième ton, mais prononcé au deuxième ici), est un adverbe de négation : ne…pas.

Pourquoi traduit-on par " TRES petit " ?

Pour la Chine, hen n’avait pas de sens, mais ici on le traduit par " TRES " : c’est le sens de hen3 (prononcé ici au 2° ton) : quand hen3 (ou hen2) est accentué, il signifie " très ", quand il n’est pas accentué, il ne sert qu’à annuler le " plus " de " plus + adjectif que ".

Nous voyons que

bu4 (ou bu2) hen3 (ou hen2) se placent avant le verbe.

Les adverbes chinois se placent toujours avant le verbe.

Les adverbes chinois se placent toujours avant le verbe.

Les adverbes chinois se placent toujours avant le verbe.

Les adverbes chinois se placent toujours avant le verbe.

…………..

Place des adverbes en chinois

(l’adverbe) hen la verbe-adjectif da4 . : Particule modale qui sert à poser une question. Lorsqu’on place cette particule à la fin d’une phrase, celle-ci passe à la forme interrogative. qui signifie à la fois " petit " et " être petit ". est à la fois un adjectif : " Grand " mais il signifie aussi " ETRE grand " ! Tout comme : :
Par F. Pauchot - Publié dans : secondeLC
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Lundi 15 juin 2009 1 15 /06 /Juin /2009 13:16

CORRIGE EXAMEN BLANC :

 

1 : ta shi shei ?

  • On remarque la structure SVO (ta=S, shi = V, shei = O)
  • Il s’agit d’une question ouverte : il n’y a aucun élément de réponse dans la question, la personne demandeuse s’en remet totalement à la personne interrogée. Ce type de question est caractérisée par l’emploi d’un pronom interrogatif (ici : shei = qui ?) et exclut donc l’usage de ma comme de la forme alterno-interrogative.
  • La place du pronom interrogatif est logiquement celle de la réponse qu’il appelle : ta shi shei ? ta shi wo de pengyou (c’est mon amie) ceci découle de la rigueur de la disposition syntaxique en chinois : rappel, la fonction grammaticale d’un caractère chinois lui est très souvent conférée par sa place dans la phrase, d’où l’importance de l’ordre des mots.


2 – ta qu zhongguo ma ?

  • forme SVO
  • Question fermée (la réponse est contenue dans la question) caractérisée par la particule modale ma (toujours en fin de phrase). Celle-ci transforme une phrase affirmative (ici : ta qu zhongguo = il va en Chine) en une question. Si la réponse est négative il suffira de mettre l’adverbe bu( =ne pas) devant le verbe.
  • présence d’un lexème : zhongguo, " l’empire du milieu ". un lexème est un MOT chinois, composé d’au moins deux morphèmes (caractères) C’est l’apparition des lexèmes qui a permis à la langue chinoise de s’adapter au monde moderne.

3 – wo shi chengnianren le :

  • SVO
  • Lexème : chengnianren = majeur.
  • Présence de la particule modale ( toujours en fin de phrase) de changement d’état " le " : celle-ci indique le changement d’état : " je ne suis plus mineur(e), j’ai changé  " ainsi que l’actualisation : " je vous informe de ce que je suis devenu(e) majeur(e) et prétend donc en jouir maintenant des avantages et vous prie de me considérer désormais comme tel(le) "
  • L’absence de genre en chinois : chengnianren signifie indistinctement " majeure " et " majeur ". C’est une des conséquences de l’aspect non-flexionnel de la langue chinoise : les caractères sont invariables et ne peuvent donc nullement être pré-, suffixés . Il n’y a pas volonté, dans le système de représentation chinois, de séprarer ni diviser en catégories : pour les chinois tout est en état continu de transformation. Le dieu bouddhiste indien Avalokitesvara a changé de sexe et est devenue la déesse chinoise Guanyin.

4 – Chuntian, hua kai le :

  • présence d’un indicateur de temps : chuntian, " au printemps ". celui-ci suffit à marquer le temps dans un texte chinois. Il n’y a pas de temps du verbe en chinois : c’est une autre conséquence de l’aspect non-flexionnel de la langue (il est impossible de conjuguer, et notez au passage que l’idée commune " en chinois tous les verbes sont à l’infinitif " est ridicule : l’infinitif est une flexion ! ! ! Donc étrangère à la langue chinoise) et d’autre part, le temps en chine, considéré comme cyclique et non linéaire, ne peut être enfermé dans une catgorie telle qu’un temps du verbe.
  • Le2 : particule modale du changement d’état.

Au printemps, la nature change, les boutons de fleurs éclosent : changement d’état. mais il faut noter aussi l’aspect inchoatif du phénomène : être en train de se transformer (muer, verdir, grandir,… les verbes en –ir……) d’autre part, la volonté n’intervient pas (la pensée chinois est naturaliste, rarement volontariste : " le " indique ce caractère " non-volitif " de l’action.

5 - Ni dai yanjing le

  • SVO
  • Lexème : yanjing
  • Le : le2, changement d’état. Outre le changement d’état (" je n’en portais pas avant ") c’est surtout l’actualisation qui est montrée ici : il s’agit de l’étonnement de la personne qui découvre que le sujet porte des lunettes. C’est le fameux " v’la que tu portes des lunettes maintenant " Encore une fois, rien ne justifie en chinois d’utiliser un temps du verbe, en l’occurrence ici un présent opposé à un passé : cet état actuel découle d’une situation qui au préalable contenue en germe : c’est " l’invisible des racines et des taches solaires ", ce qui est potentiel, latent et qui se manifestera plus tard. Les lunettes en question sont peut-être des lunettes de presbyte : la presbytie, dans la mesure où elle frappe tout un chacun après la quarantaine, est contenue dans le code génétique.

6 – wo mai de shu hen youyisi :

(traduction : le livre (les livres ) que j’ai acheté(s) sont intéressant(s))

  • dans cette phrase, le sujet est de forme compexe : c’est l’ensemble " wo mai de shu ".
  • le verbe c’est " youyisi " : c’est un verbe-adjectif : " intéressant " et " être intéressant " !

Le verbe être, en tant que copule qui relie un " attribut à ", n’existe pas en chinois : encore une fois le temps est cyclique, et la seule loi stable de la nature c’est… la transformation continue (alternance yin-yang, etc…)

  • la structure wo mai de shu : " de " est une particule structurale qui relie un déterminant à un déterminé (en chinois les déterminants se placent toujours avant les déterminés) Nous dépassons ici et très largement le seul état d’appartenance (wo de shu = mon livre) Il s’agit d’une proposition relative : ces dernières sont bien des déterminants (elles répondent bien à la question : " Quelle ? Quel ? Lequel ? La quelle ?…De quel livre parle-t-on ? De celui que j’ai acheté.)
  • Le pluriel en chinois : en absence de marques de nombre (sing., plu.), le fait de ne pas quantifier des éléments, comme ici " shu = " du "livre, indéfini, il y a ambiguïté : seul le contexte peut être clair. En règle général, l’indéfini renvoie au pluriel. Ici, on peut par contre estimer que le personne vient de finir UN livre et souhaite en parler à son interlocuteur. Mais rien n’est moins sûr !

7 – lusenbao da ma ?

facile !

  • Nom propre = transcription phonétique.
  • Verbe-objet (" être grand(e) ")
  • Question fermée…..
 :
  • On remarque la structure SVO (ta=S, shi = V, shei = O)
  • Il s’agit d’une question ouverte : il n’y a aucun élément de réponse dans la question, la personne demandeuse s’en remet totalement à la personne interrogée. Ce type de question est caractérisée par l’emploi d’un pronom interrogatif (ici : shei = qui ?) et exclut donc l’usage de ma comme de la forme alterno-interrogative.
  • La place du pronom interrogatif est logiquement celle de la réponse qu’il appelle : ta shi shei ? ta shi wo de pengyou (c’est mon amie) ceci découle de la rigueur de la disposition syntaxique en chinois : rappel, la fonction grammaticale d’un caractère chinois lui est très souvent conférée par sa place dans la phrase, d’où l’importance de l’ordre des mots.
Par F. Pauchot - Publié dans : sciences du langage
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Jeudi 11 juin 2009 4 11 /06 /Juin /2009 12:47

EXAMEN BLANC SCIENCES DU LANGAGE

LINGUISTIQUE DESCRIPTIVE DU CHINOIS

 

Sujet : pour chacune des phrases ou dialogues suivants, veuillez noter tous les commentaires qui vous semblent opportuns.

 

(1 – fin du dernier cours :

Mingtian, wo shang le ke cai qu dianyingyuan.

Demain, je-être en-(le)-cours-seulement-aller-cinéma

Demain, je n’irai au cinéma qu’après avoir suivi les cours.

 

1 – mingtian, demain, suffit à marquer le temps.

2 – le = le1, accompli. Ici, « le » marque que l’action d’assister au cours est considérée comme accomplie : c’est la condition pour réaliser l’action suivante : aller au cinéma.

3 – Cette action se situe dans le futur : l’accompli ne se situe pas forcément dans le passé. En chinois, il n’y a pas de temps du verbe, mais des aspects : l’aspect est indépendant du temps présent, il n’a rapport qu’à la temporalité des évènements énoncés. En chinois, les choses comme els êtres ne se situent pas dans le temps, c’est le temps, leur temps propre qui vit en chaque chose ou être.

4 – dianyingyuan (trois syllabes, donc trois caractères), est un lexème. C’est en outre un terme du lexique moderne : c’est la création des lexèmes qui a permis au chinois de s’adapter au monde contemporain)

 

2 – SUJET BLANC :

 

1 – ta shi shei ?

     Il/elle-être-qui

     Qui est-il/elle ?

 

2 – ta qu zhongguo ma ?

     Il/elle-aller (en)- Chine-ma ?

    Est-ce qu’elle/il va en Chine ?

 

3 – wo shi chengnianren le.

      Je-être-majeur-(le)

      Je suis majeur(e).

 

4 – chuntian, hua kai le.

      Printemps-fleur-s’ouvrier-(le)

     Au printemps, les fleurs éclosent.

 

5 –ni dai yanjing le !

     Tu-porter-lunettes-(le)

     Tu portes des lunettes !

 

6 – wo mai de shu hen youyisi.

      Je-acheter-(de)-livre-très-intéressant

      (…. Essayez de donner la traduction !)

 

7 – lusenbao da ma ?

Luxembourg-grand-(ma)

Est-ce que le Luxembourg est grand ?

Par F. Pauchot - Publié dans : sciences du langage
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Mercredi 6 mai 2009 3 06 /05 /Mai /2009 20:56
Bonjour !
L'intégralité du cours est présentée ici. En raison des blocages, des coupes ont été faites, notamment les phrases "à double le".
D'ici peu, vous trouverez sur ce blog un sujet-type d'examen et son corrigé, ainsi qu'un exercice blanc : celles et ceux qui voudront bien s'y essayer m'adresseront leur épreuve à mon adresse  : frederic.pauchot@wanadoo.fr
et je leur enverrai un corrigé.
Bon courage et à bientôt j'espère...
Par F. Pauchot - Publié dans : sciences du langage
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Mercredi 6 mai 2009 3 06 /05 /Mai /2009 11:00

LE TEMPS (4)

LA NEGATION DE L’ASPECT ET CONCLUSION

Nous avons vu que les temps du verbe n’existent pas en chinois, il y a " seulement " des aspects. Ceux-ci, indépendants du temps réel (le présent dans beaucoup de cas), se situent indifféremment dans le passé et le futur. Nous pouvons faire la remarque générale suivante :

Le temps du verbe sépare, catégorise, à l’instar du verbe être. Dans la pensée chinoise, l’identité n’est pas fondée sur un principe d’exclusion : dans une pensée dualiste " être un homme " c’est d’abord " NE PAS être une femme " : s’exclure, s’extraire. Ainsi, lorsque nous affirmons " je ne suis pas allé en Mongolie " nous nous rangeons de fait dans la catégorie des ratés qui ne connaissent rien du frisson de l’aventure, n’en ont rien connu et n’en connaîtrons probablement jamais rien. Il y a section avec le présent et le futur. Et nous devons rajouter " mais je compte bien y aller " pour faire bonne figure. Le temps du verbe ferme, alors que l’aspect est fondamentalement ouvert puisqu’il ne catégorise pas.

Il existe en français des phrases à " la temporalité chinoise ". Un exemple :

Après la pluie le beau temps. "

En chinois c’est

Yu guo tian qing

Pluie-passer( guo)-ciel-bleu

(notes : - ici guo prend son sens verbal (il est à la place du verbe) qui est : passer, traverser. C’est donc " pluie passée " donc après la pluie. On remarque aussi la cohérence entre guo aspectuel de l’expérience vécue et ce verbe : vivre une expérience c’est bien " passer par.. "

  • notez aussi le sens purement verbal de qing (bleu = adjectif) : " être bleu " et même " devenir bleu ")

Nous avons retrouvé ici le guo de l’expérience vécue en quelque sorte. Vécue au passé : nous avons remarqué depuis longtemps que le beau temps revient toujours. Au présent : on observe en temps réel et voyons les premières taches de lumière dans les nuées (note : c’est d’ailleurs le sens de yang (le yang de yin-yang) tel qu’il est inscrit dans le caractère correspondant : " le moment où le soleil traverse et déchire les nuées ") Enfin au futur : " Pas de soucis, le beau temps finira bien par revenir ! "

Ce proverbe est donc remarquablement aspectuel. Et force est de constater que n’y apparaît adroitement aucun … verbe ! Ce qui évite de les conjuguer et donc de se faire piéger par un temps du verbe qui va forcément exclure telle ou telle potentialité du phénomène.

Observons ce dilaogue :

A-wo qu guo menggu, wo hen xihuan, ni ne ?

A-je-aller-guo-Mongolie-je-très-aimer-toi-(part.Mod.)

A-Je suis allé en Mongolie, j’ai beaucoup aimé, et toi ?

B-wo bu zhi/dao-wo mei you qu guo, wo qu guo jiu gaosu ni wo xi bu xihuan.

B-je-pas-savoir, moi-(neg.)-avoir-aller-guo-, je-aller-guo-alors-informer-toi-aimer-pas-aimer

B-Je n’en sais rien, je n’y suis pas allé. Quand j’y serai allé, je te dirai si j’aime ou pas.

A est allé en Mongolie : wo qu guo menggu.

B n’est pas allé en Mongolie mais il affirme : wo qu guo (quand j’y serai allé)

C’est la valeur aspectuelle de guo.

Mais intéressons nous à la négation de guo et de l’aspect en général :

Wo mei you qu guo.

Je-(négation)-avoir-aller-guo.

Ici, ce n’est pas bu (ex : wo bu shi zhonguoren = je ne suis pas français), mais " mei you ".

Pourquoi pas " bu " qui est pourtant la négation standard et (quasi)universelle en chinois ?

Tous les verbes chinois sont niés par bu. Mais le verbe YOU, " avoir ", a besoin de sa négation propre. Nous avons vu, à propos du statut de la question en chinois, que les chinois ne sont guère fervents de la logique. Le verbe shi (être) signifie d’abord " être vrai " : être " vrai " ou " pas vrai " relève de la logique discursive, du débat logique. Peu d’engouement de la part des chinois. Par contre YOU, (avoir) les intéresse vivement. La question ontologique en Chine ne passe par shi " être(vrai/faux) " mais par you (avoir = " il y a ") C'est à dire que décider si la chose est vraie ounon n'est pas le problème : ce qui est intéressant c'est de savoir si la chose  existe ou pas : "il y a" ou "il n'y a pas". Ce statut particulier lui vaut bien sa propre négation, une négation qui ne soit pas une vulgaire exclusion. Cette négation de you c’est mei.

Mei est un caractère qui comporte l’élément de l’eau. Et ce caractère est identique point par point (à défaut d’être homophone) avec MO qui signifie : submerger, noyer. Quand la prairie est inondée, je ne la vois pas, mais elle existe encore évidemment et réapparaîtra à la décrue. En fait mei you signifie " il n’y a pas ...encore " ! " Submergé, noyé " c’est " ce que je ne vois pas "… les racines de l’arbre, les taches solaires… On y revient toujours ! ! ! mei, c’est " ce qu’il y a au-dessus (visible) et ce qu’il y a en dessous (invisible) ".

NOTE : Nous devons passer ici par une dernière et subtile circonvolution chinoise, la notion de WU.

Wu est un caractère qui signifie à lui tout seul : mei you = " il n’y a pas "

WU est un concept clé de la cosmologie chinoise et particulièrement du taoïsme. Mal traduit en français par " néant ", il désigne le vide médian, là d’où tout surgit. Dans la pensée chinoise le YOU (il y a = ce qui est manifeste) naît du WU (mei- you = il n’y a pas, le non manifesté, le potentiel) C’est encore une perception de l’invisible) Le WU, c’est l’état indifférencié d’avant la création du monde, c’est ce que les astrophysiciens appellent " soupe originelle " c’est à dire l’état de l’univers avant le big-bang, ou aussi le " vide quantique " ou " vide fleuri ". Le WU c’est l’hiver : il n’y a rien (..en apparence, comprenez " je ne vois rien "), la nature est vide (WU = meiyou) et pourtant tant de choses vont se manifester (you) au printemps. Si les chinois veulent bien distinguer deux choses c’est bien " je ne vois pas " de " il n’y a pas ".

C’est intéressant de voir que les chinois ont inventé un mot qui est une " négation sans négation " : mei you = WU, un seul mot, sombre, flou, homophone avec Wu de brouillard, et avec toute une série de mots qui désignent précisément l’état originel du monde dans la cosmologie chinoise. … Une négation d’où la marque de la négation est absente. Une " négation qui nie la négation " : nier la négation, comme diraient les mathématiciens : " moins par moins donne plus ". La chose n’est pas visible, mais elle n’est pas niée. Wu ne signifie pas " il n’y a pas " mais " ça va venir " ! Quelle subtile et efficace expression du potentiel, de la latence, de la dormance, bref… du changement d’état permanent.

Ainsi la négation de l’expérience vécue (wo meiyou qu guo) revient (symboliquement, pas grammaticalement, tout du moins en langue moderne) à dire : wo Wu qu guo. (Wu = mei you). C’est à dire que " wo mei you qu guo " a un sens de : " dans le cycle, ça va venir " et surtout pas de " NON ! "…. Mei you, comme " négation " au sens de WU, contient le potentiel, le caractère latent d’une expérience future… Wo mei you qu guo veut dire : c’est " sous l’eau "… Toujours, les verbes chinois sont au présent, un présent médiant, médium, qui contient toutes les potentialités.

Pour les chinois, comme dans les autres peuples à pensée non-dualiste, les choses n’existent pas dans le temps. C’est le temps qui existe dans les choses. La chose et sa temporalité sont indissociables, le temps est objectif et non une référence subjective théorique.

Au vu de ceci, comment voulons nous que les chinois utilisent ces " verrous " que sont les temps du verbe ?

FIN DU COURS

Par F. Pauchot - Publié dans : sciences du langage
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Mardi 5 mai 2009 2 05 /05 /Mai /2009 12:58

LE TEMPS (3)

LE " le1 ", PARTICULE DE L’ASPECT ACCOMPLI)

En chinois, il n’y a pas de temps du verbe, il y a des ASPECTS. Joël Bel-Lassen :

" L’aspectualité concerne la temporalité interne aux événements énoncés, indépendamment de leur relation avec le temps réel. " (c’est moi qui souligne)

Ilo existe trois aspects en langue chinoise : le duratif (l’action qui se prolonge de façon indéterminée : " la fenêtre est ouverte, le soleil brille… "), l’expérience vécue (" Je suis allée en Chine ", " J’ai mangé des brochettes de scorpions et sauterelles " (NB : … authentique !) et l’aspect accompli.

Cet aspect est indiqué par la particule d’aspect " le ", identique au le2, nous le noterons donc le1. Le1 suit le verbe, il apparaît donc en premier dans une phrase " à double le " (cf-infra), puisque le le2 est lui placé en fin de phrase.

L’aspect accompli marqué par le1 indique que l’action est envisagée comme accomplie. Exemple :

Wo chi fan

Je-manger-nourriture

Je mange. (structure SVO bien évidente !)

Wo chi le fan

Je-manger-le1-nourriture

J’ai mangé.

L’usage du passé composé en français est le meilleur moyen d’exprimer que l’action est accommplie.

Wo kan shu

Je-lire-livre

Je lis.

Wo kan le shu.

Je –lire-le1-livre

J’ai lu.

On utilise le1 uniquement lorsque l’action et son objet sont clairement définis. En revanche, dans une phrase française telle que : " J’ai fait du jogging chaque matin de l’année dernière ", l’action est considérée comme répétitive et générale, indéfinie. Dans ce cas la traduction en chinois exclut l’usage de le1. D’ailleurs, on remarque que l’usage du passé composé dans " J’ai fait du jogging " n’est pas le seul recours : celui de l’imparfait est à propos : " Je faisais du jogging " ! L’imparfait, " non-parfait ", donc considéré comme inachevé… " Inaccompli " en quelque sorte : pas de le1 !

Mais attention ! L’usage du passé composé fait illusion ! Il n’est pas rare d’entendre des professeurs de chinois (notamment… chinois !) affirmer : " Le1, c’est le passé composé ". C’est une grossière erreur qui confond un temps du verbe (le passé composé en l’occurrence) avec cette notion d’aspectualité qui, je le rappelle (cf-supra) est indépendante du temps réel.

Reprenons la phrase de notre premier exemple :

Wo-chi-le-fan

Je-manger-le1-nourriture.

Nous l’avons traduite un peu vite en " J’ai mangé "…

Observons celle-ci :

Ming/tian, wo chi le fan cai qu kan ni.

Demain, je-manger-le1-nourriture-seulement-aller-voir-toi.

Demain, après avoir déjeuné j’irai chez toi.

Ou

Demain, c’est seulement après le déjeuner que je viendrai te voir.

Quel passé composé, puisque cette phrase concerne le futur ?! On comprend mieux maintenant cette notion d’aspect, indépendante du temps réel : il s’agit bien d’une temporalité INTERNE aux événements énoncés. Ici " wo chi le fan " se situe dans le futur, elle est considérée comme accomplie (le1), c’est à dire comme préalable à une action suivante. En d’autres termes, c’est l’accomplissement de la première action qui conditionne la seconde. Le1 n’est pas le passé mais l’ANTERIORITE ! Il s’agit de relation internes indépendantes du temps réel.

On trouve le même type de confusion avec la particule d’aspect " guo ", celle de l’aspect de l’expérience vécue.

Exemple :

Ta qu guo zhong/guo.

Il-aller-(guo : expérience vécue)-Chine

Il est allé en Chine.

Ta chu guo she rou.

Il-manger(guo)-serpent-viande

Il a mangé du serpent.

Nous voyons ici que guo indique l’aspect de l’expérience vécue : il n’est pas rien d’aller en Chine, encore moins d’y manger du serpent.

Mais attention encore une fois ! Si " expérience vécue " est perçu par nous français comme quelque chose qui a déjà été vécu, renvoyant donc au passé, les chinois perçoivent la chose tout autrement. Tant il est évident qu’une expérience peut être vécue dans le futur ! Et d’ailleurs, on y compte bien ! ! !

Exemple :

Wo-qu-guo-meng/gu cai-neng-gao/su-ni-wo-xi-bu-xi-huan.

Je-aller-GUO-Mongolie-seulement-pouvoir-informer-toi-je-aimer-pas-aimer.

C’est seulement quand je serai allé en Mongolie que je pourrai te dire si j’aime ce pays.

Encore une exemple d’aspectualité ! L’expérience sera bien vécue dans le futur, et elle aussi conditionnera la seconde action, en l’occurrence me forger une opinion sur la Mongolie.

( à suivre )

Par F. Pauchot
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Lundi 4 mai 2009 1 04 /05 /Mai /2009 13:48
Par F. Pauchot - Publié dans : sciences du langage
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Lundi 4 mai 2009 1 04 /05 /Mai /2009 13:41

LE TEMPS (2)

" le ", le changement d’état.

" le " est un caractère maudit par les élèves en langue chinoise tant son emploi est délicat. Il est selon Joël Bel-Lassen "  assurément la plus grande source de tourments pour les étudiants, les enseignants, voire les grammairiens chinois " ! (in " Chinois, mode d’emploi " aux éditions Youfeng, Paris). Cette difficulté provient entre autres raisons de sa fonction qui change selon sa place dans la phrase. On distingue ainsi, parce qu’il est susceptible d’apparaître deux fois dans une même phrase, le le1 (1° occurrence dans une phrase " à double le ") du le2 (2° occurrence).

Intéressons-nous d’abord au le2, LA PARTICULE MODALE DU CHANGEMENT D’ETAT .

(nb : Comme toute particule modale, le2 se place en fin de phrase.)

Prenons une phrase simple :

Ni-xi-yan

Toi-aspirer-fumée

Tu fumes.

(en absence de contexte, cette phrase est ambiguë :  L’action de fumer est momentanée, en cours : " Tu es en train de fumer ", ou générale : " Tu fais partie des fumeurs ")

2° phrase :

ni-xi-yan-le

toi-aspirer-fumée-le2

Tu fumes ( !)

Cette deuxième phrase sera prononcée par Mr ou Mme X. voyant leur fille sortir devant eux une cigarette et l’allumer. Cette phrase, ni-xi-yan-LE, signifie l’étonnement et le dépit des parents de mademoiselle X.:

" Voilà que tu fumes maintenant ! ", " V’là qu’tu fumes !…. C’est nouveau ! Tu nous auras tout fait : le piercing, les cheveux bleus, et maintenant la cigarette !"

Il y a bien changement d’état : passer du statut de non-fumeuse à celui de fumeuse. Ce changement d’état est marqué par le le2. Mais d’autre part, il a peu de chances que Melle X. ait allumé sa première cigarette ce jour-là : elle fume très certainement depuis plusieurs mois. Le le2 correspond aussi, dans ce cas fréquent, à une ACTUALISATION, dans la mesure où c’est seulement maintenant que Mr et Mme X. ont connaissance du fait que leur fille est devenue fumeuse. Ceci est très net dans la phrase :

Ni-zhang-da-le

Toi-croître-grand-le2

(oh ! Comme) tu as grandi ( !)

C’est l’oncle d’Amérique de Melle X  qui rencontre sa nièce pour la première fois depuis 8 ans et qui " réactualise " l’image mentale qu’il avait de celle-ci : la petite fille est devenue grande. Il " met à jour " sa connaissance.

Le le2 contient des informations qui souvent n’apparaissent en français que par des tons de phrase :

Xia-yu

Tomber-pluie

Il pleut

Xia-yu-le

Tomber-pluie-le2

Il pleut.

Mais dans cette deuxième phrase il y a le ton de dépit de " Oh mince ! Il pleut ! " (on ne peut plus sortir..) La sinologue XU Dan propose le " truc " suivant : chaque phrase avec un le2 peut être rendue par " V’là que… " : marque française orale du changement d’état.

Wo-xue-yin/yue

Je-apprendre-musique

Wo-xue-yin/yue-le

Je-apprendre-musique-le2

J’apprends la musique (" V’là qu’il apprend la musique maintenant ! " ou " Il s’est mis à apprendre la musique ". Avant il ne l’apprenait pas, maintenant (actualisation) il l’apprend)

Le le2 correspond en français à ce qu’on désigne par INCHOATIF : l’état de ce qui est en train de se transformer. Exemple :

Qiu/tian-ye-hong-le

Automne-feuilles (des arbres)-rouge-le2

Les feuilles des arbres rougissent.

(notez au passage la fonction verbale de l’adjectif hong (rouge))

chun/tian-hua-kai-le

printemps-fleurs-éclore

Au printemps les fleurs éclosent.

L’inchoatif, c’est notamment les verbe en –ir comme verdir, grandir, mûrir, pourrir, jaunir, etc… C’est aussi muer, muter, etc….

Enfin, le le2, c’est aussi les actions non-volitives, celles où la volonté personnelle n’intervient pas :

Ni-liu-xue-le

Toi-couler-sang-le2

Tu saignes.

Toutes ces fonctions sont cohérentes et gigognes :

Wo-fa-yue/jing-le

Moi-déclencher-menstrues-le2

J’ai mes règles.

1-Il y a changement d’état (je ne les avais pas hier) 2-Actualisation (j’informe des tiers que je les ai maintenant) 3-C’est non-volitif : je n’y peux rien. 4-C’est… cyclique !

Le2 est peut-être un des plus emblématiques des caractères chinois. Car il indique des notions centrales de la pensée chinoise. Des notions sur le temps dans une langue qui est privée de toute conjugaison. Dernier exemple :

Wo-bing-le

Je-malade-le2

" Je suis malade " (Je suis tombé malade : changement d’état)

Wo-hao-le

Je-bien-le2

" Je vais mieux " ou " maintenant ça va bien ", " Je suis guéri "

Que ces problèmes de santé aient lieu hier, aujourd’hui ou demain (ce qui n’affectera en rien les formes ici présentées) n’a pas d’importance. Seule apparaît le notion de cycle : bonne santé, puis malade, puis retour à la bonne santé

En outre : la forme graphique le LE et intéressante : c’est le caractère Zi (enfant) qui n’a pas encore ses bras :notion d’embryon, ce qui va advenir, ce qui est contenu dans le présent et changer d’état ! (cf : photo)

( à suivre)

.
Par F. Pauchot - Publié dans : sciences du langage
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