Examen blanc
1 - wo kan dianshi
je regarder télévision
je regarde la télé.
Nous avons ici la structure de base de la phrase chinoise à savoir : Sujet-Verbe-Objet (SVO)
2 - ta shi ribenren
il/elle être japonais(e)
Il/elle est japonais(e)
On note ici : L'absence de marque de genre en chinois. En l'absence de contexte il n'est pas permis de déterminer s'il s'agit d'un homme ou d'une femme. 2- Nous retrouvons la structure SVO mais il faut noter que la notion d'objet dans la grammaire chinoise ne recouvre pas celle, plus restrictive du COD (complément d'objet direct). Ici "japoanis(e)" n'est pas un COD mais est bien l'objet du discours chinois.
3 - wo zuotian zai kafeiguan kan zuqiu
je hier à café voir football
Hier, j'ai regardé le match au café.
Nous retrouvons ici la structure SVO, et la place des circonstanciels dans la phrase chinoise : à savoir : Les circonstanciels se placent toujours AVANT le verbe. (En chinois, on fixe le décor avant d'agir) L'ordre de base est le suivant : Qui? Quand ? Où? faire- Quoi? (Sujet- CCT-CCL-Verbe-Objet)
D'autre part, on remarque que c'est le seul "zuotian" (hier) qui fixe le cadre temporel. Le verbe ne subit aucune flexion (rappel : le chinois est une langue non-flexionnelle) (autre rappel : flexion = modification de la forme d'un mot, généralement sur sa terminaison, dans le but de l'inscrire dans une catégorie : féminin/masculin-Singulier/pluriel, etc...) Le chinois répugne ce genre de catégorisation. En d'autres termes (plus "pratiques") : en chinois on ne conjugue pas les verbes.
4- tian gao tu di
le ciel haut terre basse
Le ciel est haut, la terre est basse.
Un : Absence du verbe "être" en chinois. Ce verbe implique une fixité qui est contraire à la vision cyclique des choses selon les chinois. Une feuille d'arbre n'est pas verte car ce n'est qu'un état passager (elle sera rouge en automne)
Deux : statut de l'adjectif en chinois : l'adjectif chinois est aussi un verbe, un "verbe-adjectif". Par exemple "gao", haut, signifie aussi "être haut"
Trois : contenu "comparatif, voire superlatif de l'adjectif chinois : ici gao et di signifient "plus haut que" et "plus bas que" : on compare le ciel et la terre. En l'absence de comparaison, il faut utiliser l'adverbe "hen" pour annuler cet caractère comparatif. "tian hen gao" : le ciel est haut.
Quatre : le parallélisme
: structure symétrique héritée de la langue classique qui ignorait la ponctuation. Le parallélisme permet d'isoler des fragments du discours. On dit que le rythme, le souffle, tiennent lieu
"d'analyse grammaticale" en chinois.
5 - wa kong ji
creuser vide machine
Une pelleteuse
On a ici un lexème, c'est à dire la réunion de plusieurs morphèmes pour former un mot chinois plurisyllabique qui correspond à une réalité concrète, technologique, ou abstraite, conceptuelle, du monde contemporain. C'est l'invention des lexèmes qui a permis au chinois de s'adapter au monde contemporain et occidentalisé.
6 - ni xihuan shuochang yinyue ma ?
toi aimer rap musique -ma ?
Est-ce que tu aimes le rap ?
bu xihuan
négation aimer
Non !
Nous avons ici une question fermée, fabriquée avec la particule modale "ma", toujours placée en fin de phrase. Une question fermée est une question dans laquelle la réponse est contenue dans la question. On y répond par "oui" ou "non"
En chinois il n'existe pas de mot pour "oui" ou "non", car ces deux termes sont ceux de la logique, discipline intellectuelle étrangère à la culture chinoise. Pour dire "oui", en chinois, on reprend tout simplement le verbe de la question, ici "xihuan" (aimer) et pour dire "non" on reprend ce verbe en le niant : "bu xihuan". En chinois, rien n'est définitif, le "oui" demaintenant cache un "non" demain ! (et vice versa)
7 - zhe ben shu gui bu gui
ce livre cher pas cher
Le livre est-il cher ?
Il s'agit également d'une question fermée (que l'on peut remplacer par "zhe ben shu gui ma ?") Il s'agit de la forme alterno-interrogative, directement héritée des pratique divinatoires par scapulomancie, qui existaient déjà avant même que naisse l'écriture chinoise. Il s'agit de l'une de ces traces d'un passé immémorial que l'écriture et la syntaxe chinoises récèlent encore (comme le témoignage des sociétés matriarcales, comme vu dans la partie "écriture". (NB : cette partie, non évaluée à l'examen est l'objet d'un article à paraître prochainement sur ce blog) On note aussi la valeur de l'adjectif : verbe (gui = cher et COUTER cher)
8 - ni qu nar ?
tu aller où ?
Où vas-tu ?
wo qu liang
je aller Lyon
Je vais à Lyon.
Ici, question ouverte : la réponse est inconnue du locuteur. Ces questions sont caractérisées par l'usage d'un pronom interrogatif. On remarque également que pour répondre à ce genre de questions, il suffit de remplacer ce pronom interrogatif par la réponse qu'il appelle et ce sans changer l'ordre des éléments dans la phrase. Ceci renvoie au caractère fondamentalement POSITIONNEL de la langue chinoise : le statut grammatical d'un caractère chinois (invariable, je le rappelle) lui est conféré par sa place dans la phrase.
9 - wo mai feijipiao le
je acheter billets d'avion (le)
J'ai mes billets d'avion.
Ici, nous avons le "le2", la marque modale du changement d'état et de l'actualisation. "Maintenant, j'ai mes billets d'avion" (que je n'avais pas avant) On traduit de genre de phrases généralement au PRESENT !
10 - wo mai le feijipiao
je acheter (le) billets d'avion
J'ai acheté mes billets d'avion.
Ici, c'est le "le1", marqueur de l'aspect accompli. (Pour l'aspect, cf. article plus haut) Ici, l'action d'acheter les billets d'avion est considérée comme accomplie. Attention ! L'aspect est indépendant du temps de l'énonciation : il ne s'agit pas de "passé" (la chinois ignore le temps du verbe), cette phrase peut très bien se situer dans le futur : "mingtian, wo mai le feijipiao, wo qu dashiguan mai qianzheng (demain, quand j'aurai acheté mes billets d'avion, j'irai à l'ambassade acheter mon visa)
11 - wo mei qu guo yindu
je négation eller (guo) Inde
Je ne suis jamais allé en Inde.
Nous avons ici l'aspect de l'expérience vécue, marqué par "guo". La négation de l'aspect ne se fait pas aumoyen de la négation "normale" du chinois (bu) mais par "mei" qui est un caractère qui posséde le radical de l'eau 没 : ce qui est "noyé" aujourd'hui, sera découvert demain. Toujours cette notion de cycle, rien n'est définitif !
Merci de votre gentillesse, de votre attention et de votre patience. Bises à toutes et bonne chance pour la suite de vos études ! FP